La Russie finissait fort ce dimanche, avec deux titres chez les poids lourds – de quoi repasser devant la France au nombre de finalistes – en +78kg avec la grande Elis Startseva, et en +100kg avec l’illustre Inal Tasoev. Les deux étaient extrêmement faciles dans leur parcours, Startseva avec de beaux passages au sol, Tasoev dans son style unique fait d’aisance désinvolte et de suprême maîtrise technique. Son ko-soto-gari avec une confusion avant-arrière au premier tour contre un Mongol va tourner en boucle pendant un moment, et l’ensemble de ses techniques de jambe avait de quoi réjouir.
Dans ces catégories, la France était représentée. Léonie Minkada-Caquineau ne se libérait pas contre la solide représentante kazakhstanaise Kamila Berlikash, qui trouvait le trou pour une technique de jambe contre la jeune vice-championne d’Europe et médaillée mondiale junior française, et en profitait pour se hisser jusqu’en finale où elle allait subir le juji-gatame de la Russe. Chez les garçons, le combattant de l’AJA Paris XX, le massif Tieman Diaby, tirait bien son épingle du jeu jusqu’en demi-finale, avec une victoire aux pénalités contre le Russe Pavliukov, récent vainqueur de l’Open de Casablanca, et un contre opportuniste en daki-wakare contre le Polonais Teresinski, 21e mondial tout de même. La partie s’arrêtait là pour le Parisien, vaincu ensuite par le colosse azéri Ushangi Kokauri, toujours 5e mondial à 34 ans, et par l’Emirati Magomedomar Magomedomarov — classé au-delà de la 60e place, mais qui avait résisté plus de six minutes à Teddy Riner aux Jeux olympiques de Paris — qui le contrait sur sa tentative de technique de hanche pour la médaille de bronze.
Des autres masculins tricolores présents, Eniel Karoly (-90kg), Aleksa Mitrovic (-90kg) et Francis Damier (-100kg), Aleksa Mitrovic était le seul à aller en phases finales, mais battu au premier tour de repêchages sur un mouvement de hanche du Kazakh Arapov.

Diaby, aux portes du podium

Après les quatre finales obtenues par les Françaises (notamment en -57kg avec le doublé Mokdar – Devictor), il en restait une à pouvoir prétendre allonger cette liste, Liz Ngelebeya en -78kg. Cinquième à Astana et Oulan-Bator l’année dernière, vice-championne de France, elle avait réussi un formidable tournoi de Paris avec une médaille de bronze arrachée à de nombreux calibres de la catégorie, dont Audrey Tcheumeo pour le dernier affrontement. C’est pour avoir raté le Grand Chelem de Tashkent emporté par Kaila Issoufi, et celui de Tbilissi dans la foulée, qu’elle avait perdu l’opportunité d’une sélection au championnat d’Europe, prise et brillamment défendue par Issoufi. Le passage par Astana 2026 devait donc lui permettre de montrer qu’elle était toujours là, et mesurer aussi ses progrès par rapport à 2025. Cela ne devait pas être long d’ailleurs, puisqu’après un premier tour délicat à gérer, elle retrouvait celle qui l’avait privée à l’époque de médaille de bronze, la Brésilienne Freitas, 23 ans comme elle, et déjà 15e mondiale. Vérification validée, elle la surclassait cette fois, notamment avec ces bonnes techniques de jambe, des o-uchi-gaeshi bien maîtrisés. Le plus dur était devant cependant dans cette catégorie où les plus fortes combattantes allemandes, dispensées de championnat d’Europe, s’étaient données rendez-vous pour une petite évaluation elles aussi. Qui d’Alina Boehm, médaillée sur treize Grands Chelems et double championne d’Europe, ou d’Anna Monta Olek, vice-championne du monde et 2e mondiale, allait prendre l’or et le lead ? Pour cela, il fallait qu’Alina Boehm passe d’abord la jeune Française, qui se battait bien dans la première partie de cette demi-finale, mais prenait un fort sode dès qu’elle baissait un peu de pied. Tandis que les deux Allemandes allaient s’expliquer à coups de pénalités en finale (victoire 3-2 d’Olek), il fallait finir en beauté pour la prétendante française Ngelebeya, ce qu’elle faisait sans frémir face à la Kazakhe Ekaterina Tokareva en une minute, avec un ko-uchi-gaeshi adroit et un énorme harai-goshi. C’est sa seconde médaille en Grand Chelem après celle de Paris cette année. De quoi continuer à démontrer qu’elle est en bonne place dans les prétendantes à l’équipe de France pour le futur. Liz Ngelebeya est là.