Deux-cent-quatre-vingt-dix combattants, quarante-quatre nations : cette édition 2026 des championnats du monde IBSA (organisation qui fêtait à cette occasion ses quarante-cinq ans) restera comme celle de tous les records. La preuve – constat aussi valable chez les valides qui s’apprêtent à dépasser les six-cent-trente engagés à Bakou début octobre – que les Jeux de Paris sont une bonne fois pour toutes derrière la caravane mondiale, qui n’a déjà plus d’yeux que pour Los Angeles 2028 et les points à amasser pour être de l’aventure californienne dans un peu moins de deux ans désormais.

Et même si les critères de la qualification paralympique n’ont pas encore été publiés, au grand dam des fédérations qui en pâtissent au niveau de leur organisation des mois à venir, la certitude que ces championnats du monde organisés en Géorgie allaient compter a attiré les meilleurs parathlètes de la planète. Les dix tenants du titre masculins étaient ainsi en lice, contre sept chez les féminines. De même, 75% des dossards dorés distribués aux Jeux de Paris étaient visibles à Tbilissi.

Un contexte qui n’a pas empêché l’équipe de France, qui se présentaient avec sept combattants, de se montrer. Unique féminine de la délégation, Sandrine Martinet (J2 -52kg) allait cueillir, à quarante-trois ans, sa onzième récompense à ce niveau (championnats du monde et Jeux mondiaux cumulés) depuis la première en 2002 à Rome ! Contrée par la Turque Zeynep Bozdemir, championne d’Europe 2026 (après battu la Française) lors de son premier combat, elle basculait en repêchages face à la Colombienne Eslendy Lamadrid Penuela. Sur un ko-soto-gari de cette dernière, valorisé waza-ari, la Parisienne ne se relâchait pas au sol et reprenait aussitôt l’initiative jusqu’à l’immobilisation. Et si la Russe Alesia Stepaniuk et l’Indienne Kokila trouvaient elles aussi l’ouverture en finale de repêchages puis en place de trois, c’est bien Sandrine Martinet qui finissait plus fort, sur uchi-mata d’abord puis tani-otoshi, pour finir sur le podium. De quoi valider son nouveau quotidien qui s’écrit depuis un an du côté de La Réunion. Quelques minutes plus tard, c’est le fringant quinquagénaire Cyril Jonard qui y allait également de sa médaille de bronze, grâce à son diabolique retournement qui laissait impuissant le Brésilien Harley Pereira Arruda. Trente-et-un ans après ses deux premiers titres obtenus chez les sourds à Miami, le roc de l’AJ Limoges persiste et signe.

Le lendemain, c’était au tour d’Hélios Latchoumanaya de sortir le grand jeu, lui qui restait sur deux titres en 2022 et 2023 avant d’être contraint au forfait l’an dernier. D’abord en ne-waza pour se défaire en quarts du Moldave Nicolai Bondarev, puis en conservant son waza-ari d’avance contre le Kazakhstanais Zhanbota Amanzhol – contre qui il avait raflé le bronze paralympique à Tokyo, puis l’or mondial en 2023 – avant de finir en beauté sur un gros mouvement de hanche qui envoyait au tapis le Brésilien Marcelo Casanova en finale. À vingt-six ans, le Tarbais est désormais triple champion du monde !

En lice en -70kg, Armindo Rodrigues (J1) et Youn Balcou (J2), pas verni au tirage avec deux champions paralympiques face à lui en seizièmes et en repêchages, n’ont quant à eux pas réussi à exister dans des tableaux particulièrement fournis, de même qu’Aurèle Guenerie (J2 -81kg) qui remportait son premier combat avant de laisser filer le second qu’il avait pourtant démarré par le bon bout, avec deux pénalités reçues par son adversaire en première partie de combat. Il y avait surtout du positif à retenir dans la septième place d’Abba Gueye (J1 -95kg), seulement dix-sept ans et sans appréhension face à des combattants bien plus rodés que lui sur le circuit IBSA. Le Havrais qui incarne cette relève que s’attache à faire monter en compétences France Judo, dans l’espoir de bâtir un collectif pour voir déjà au-delà de Los Angeles 2028.

Tableaux et résultats complets