
Crédit photo : E-Judo
Le judo japonais a ses rites. Traditionnellement, le premier week-end d’avril est dédié aux championnats nationaux : les huit meilleurs judokas de chaque catégorie, un même lieu — le Fukuoka International Center — et un intérêt certain, puisque les résultats sont pris en considération dans les sélections mondiales ou continentales. Il y a encore quelques années, la participation y était même obligatoire pour pouvoir prétendre aux dites sélections.
Une organisation claire et légitime. Ceci dit, une première évolution avait vu le jour dans les années 2000 avec le fait que cet événement ne déterminait plus une sélection olympique. Cette année, même si ce n’est pas une première dans l’absolu, fut marquée par l’absence de tous les judokas déjà sélectionnés pour les championnats du monde ! Une nouvelle entaille à une règle ancrée, qui interroge d’autant plus que les championnats du monde ont lieu en octobre.
Une compétition qui aura eu tout de même l’intérêt d’aider à choisir les derniers noms pour Bakou, outre de prendre plaisir à voir évoluer nombre des meilleurs judokas nippons.
Chez les masculins, trois catégories étaient concernées : les — 60kg, où Ryuju Nagayama, avec sa deuxième place, valide sa sélection, lui qui est champion du monde en titre. les -73kg où Ryuga Tanaka, l’étudiant de Tsukuba bat Yudai Tanaka aux pénalités en finale. Tatsuki Ishihara, double médaillé mondial (argent en 2024, bronze en 2025), troisième samedi, ne bénéficie pas de sa régularité lors de ce grand rendez-vous international. Non classé à Paris, Ryuga Tanaka bénéficie sans doute également de sa victoire au Grand Chelem de Tokyo.
Enfin, en +100kg, Kanta Nakano, l’ancien capitaine de Tenri, domine Hyoga Ôta en finale et sera le lourd japonais qui pourrait affronter Teddy Riner. Troisième à Tokyo et premier à Paris — où il bat Ôta en finale — Nakano participera à ses premiers championnats du monde seniors individuels. L’année dernière Ôta avait été choisi, sans résultat.
Chez les féminines, toutes les catégories étaient concernées, hormis les -52kg avec Uta Abe, les -63kg avec Haruka Kaju et les -70kg avec Shiho Tanaka. Soit six places à prendre !
À noter, d’abord, que le Japon a décidé de doubler les -57kg et +78kg. Comme la France aux championnats d’Europe (et, qui sait, peut-être, comme championnats du monde). Deux catégories de la compétition par équipes mixtes, surtout.
Chez les -57kg, Momo Tamaoki, vice-championne du monde 2025 et actuelle n° 1 mondiale, sera accompagnée d’Akari Omori, victorieuse ce week-end, deuxième à Tokyo et troisième à Paris.
Chez les +78kg, et c’est sans doute une des informations les plus importantes, Akira Sone confirme son come-back. Si elle est battue à Tokyo par Romane Dicko pour son retour en compétition depuis les Jeux olympiques de Paris — où elle s’était blessée au genou —, la championne olympique de Tokyo gagne à Tashkent, en produisant un judo proche de son meilleur niveau. Ce dimanche, elle gagne trois fois aux pénalités, dont la finale contre Miki Mukunoki où le golden score aura duré huit minutes et cinquante-quatre secondes ! Auparavant, elle aura dû batailler quatre minutes quarante et une secondes contre Akiho Yonekawa lors du temps supplémentaire, puis trois minutes trente-trois secondes contre Ruri Fujii.
Destination Bakou pour Sone, 25 ans. Mais également Mao Arai, 22 ans. Vice-championne du monde 2025, la double championne du monde juniors (2022 et 2023), troisième à Paris, a été choisie, elle qui perd en demi-finale hier.
Pour les autres catégories, Wakana Koga, deuxième samedi et médaillée de bronze aux Mondiaux 2025, sera la titulaire des -48kg. Une combattante battue par Shirine Boukli à Paris. Un choix qui, sur le papier, semble plus arrangeant pour la Française que Mitsuki Kondo, qui avait battu la Tricolore en finale à Paris en 2025. Ou encore que Mizuki Harada sur laquelle la médaillée olympique française a perdu deux fois, dont cette année à Tashkent.
En -78kg, même choix qu’en 2025 avec Kurena Ikeda, seulement cinquième dimanche — elle perd dès son premier combat — qui a pour elle d’être médaillée mondiale de bronze l’année dernière et d’avoir gagné Tokyo en décembre dernier, mais battu en éliminatoire par Audrey Tcheuméo.
Pour voir ou revoir ces championnats du Japon, rendez-vous sur la chaine YouTube de la fédération japonaise : https://www.youtube.com/@JAPAN-JUDO/videos


