
Crédit photo : Tamara Kulumbegashvili/IJF
Dernière journée de ce Grand Chelem d’Abou Dhabi et un dimanche où ce sont les féminines tricolores qui se seront mises en valeur. D’abord, de manière involontaire à voir sa réaction lors de son entrée en lice avec Léa Fontaine (Sainte-Geneviève Sports Judo). Tête de série n° 1, la médaillée d’or du Grand Chelem de Paris début février en +78kg se faisait en effet disqualifier pour morsure sur le koshi-jime de l’Italienne Erica Simonetti, au premier tour. Difficile de se faire un avis, y compris avec la caméra placée du côté des coachs. Quoi qu’il en soit, les superviseurs décidaient de la disqualification de la Génovéfaine.
Ensuite part la cinquième place d’Anne M’Bairo (Marnaval Judo 52), toujours en +78kg. La néo-Marnavalaise arrivait jusqu’en demi-finale, battant respectivement une combattante camerounaise, croate et russe qui goûtait au ura-nage de la double championne de France en titre.
Mais cela allait se compliquer avec deux défaites en demi-finale sur la Chinoise Xinran Niu, 21 ans, 17e mondiale, vice-championne d’Asie 2025 et troisième en mai au Grand Chelem d’Astana. Une Chinoise qui fit partie des combattantes du staff de Stéphane Traineau qui monte en puissance depuis le début de l’olympiade. Pour le bronze, c’est aux pénalités que M’Bairo perd contre la jeune Israélienne Yulia Mishiner, qui se montra souvent dangereuse avec son sode-tsuri-komi-goshi.
Enfin, Kaila Issoufi (Sainte-Geneviève Sports Judo) continue à prouver que son changement de catégorie avait tout de la très bonne idée.
Pourtant vice-championne de France 2024 en -70kg, la Génovéfaine décidait de passer dans la catégorie supérieure. Résultat ? Classée sur les dix compétitions faites depuis février, deux médailles en Grand Chelem et deux médailles en Grand Prix. Le bronze obtenu aujourd’hui à Abou Dhabi l’est, en plus, dans un contexte de forte concurrence, puisque la Française ne craque pas contre la néo-Émiratie Yelyzaveta Lytvynenko, victorieuse du Grand Prix de Zagreb il y a deux semaines, en repêchages et que comme au Grand Prix de Lima, elle domine avec une facilité presque désarmante l’Israélienne Inbar Lanir, vice-championne olympique tout de même.
Une troisième place obtenue dans une catégorie où la finale du jour rejouait celle des championnats du monde de juin ! Un niveau d’opposition très fort qui donne d’autant plus de goût à cette quatrième médaille consécutive pour Issoufi, qui sera logiquement très attendue à Saint-Étienne mi-décembre.
Une catégorie des -78kg, un peu à la manière des -73kg hier, qui offrait un plateau de premier choix. Mais cette fois-ci, c’est l’Allemande Anna-Monta Olek, qui prend le meilleur sur Alice Bellandi grâce à son sankaku-jime, son arme fatale en ne-waza.
Chez les +78kg, la Japonaise Miki Mukunoki, 22 ans, vice-championne du monde juniors 2023, troisième du Grand Prix d’Autriche cette saison, gratifie le maigre public émirati d’un magnifique uchi-mata à gauche en finale contre la Chinoise Niu.
Chez les masculins, retour aux affaires gagnant pour le double champion olympique géorgien Lasha Bekauri en -90kg. Sa finale face au Moldave Mihail Latisev prend la forme d’une simple formalité avec un harai makikomi puis un o-soto-gari qui font deux waza-ari nets.
En -100kg, finale 100 % russe entre Arman Adamian et Idar Bifov, 22 ans, 93e mondial et sorti une seule fois sur le circuit international, pour une cinquième place au Grand Chelem d’Oulan-Bator fin juillet. À l’image de son compatriote Tasuev en -81kg, cet inconnu marque de beaux points ce dimanche pour la suite de la saison. Adamian, n° 2 derrière Matvey « Iceman » Kanikovskiy, troisième aux championnats du monde 2025 et vainqueur ici de son cinquième Grand Chelem, reste à l’affût d’une baisse de régime de son prodigieux cadet.
En +100kg, on attendait un autre Russe : Tamerlan Bashaev. Arrivé en finale dans son style si plaisant — un sode-guruma par-ci, un kata guruma par-là —, le Tchétchène s’incline pourtant contre le Mongol Gonchigsuren Batkhuyag. Une défaite surprise ? Pas forcément, puisque cet ancien -100kg aligne désormais trois médailles d’or consécutives : sur le Grand Chelem d’Oulan-Bator, le Grand Prix de Chine et ici à Abou Dhabi. À noter que cette finale n’a donné lieu à aucun shido. Trop rare pour ne pas le noter.
Un Grand Chelem dont la Russie, désormais à nouveau sous ses couleurs, sort première nation avec deux titres et quatre médailles d’argent, toutes masculines. Le Japon termine deuxième avec les titres de leur -63kg et +78kg, l’Allemagne suivant juste derrière également avec deux titres féminins pour Mascha Ballhaus et Anna-Monta Olek. Une équipe allemande qu’il faut observer de près avec le changement de staff et l’arrivée d’Udo Quellmalz et le retour de Marko Spittka de son aventure réussie en Ouzbékistan.
La France clôt ces trois jours avec un titre pour Walide Khyar en -66kg et le bronze de Kaila Issoufi en -78kg.
Prochaine étape dès le week-end prochain avec le Grand Chelem de Tokyo.


