Haruka Kaju, une nouvelle fois en or en -63kg. Crédit photo : Gabriela Sabau/IJF

Trente et une. C’est le nombre de victoires consécutives qu’Haruka Kaju affiche ce soir après sa victoire, ici, à Tbilissi. Championne du monde en titre en -63kg, la Japonaise se sera même payée le luxe de ne gagner qu’un de ses quatre combats du jour en ne-waza – contre l’Américaine Sara Golden lors de son entrée en lice -, un domaine où elle excelle, à tel point qu’il ne serait pas exagéré de la considérer comme la référence mondiale actuelle. Kaju ? Une combattante de vingt-six ans, qui n’a donc toujours pas connu la défaite depuis sa victoire au Grand Chelem de Tokyo 2024, qui constituait son arrivée sur le circuit mondial. Un succès initial qui se poursuit et se poursuit encore. Ce samedi, la Nipponne affiche quatre victoires en Grand Chelem, un titre continental, un succès en Grand Prix et un dossard rouge, acquis à à Budapest en juin 2025.
Ce soir, c’est au rythme qu’elle fait baisser pavillon en finale à la Néerlandaise Joanne Van Lieshout, championne du monde 2024. Auparavant ses mouvements de jambe – o-soto-gari et o-uchi-gari – lui permettent de dominer ses adversaires espagnole et mongole.
Elle sera évidemment la favorite à Bakou en octobre. Cette olympiade sera-t-elle celle qui aura vu l’avènement d’une -63kg japonaise capable enfin de succéder à Ayumi Tanimoto (double championne olympique 2008 et 2012) dans cette catégorie ? Il reste encore deux ans, mais les bases posées par Kaju sont vertigineuses.

Autre championne du monde japonaise engagée, Shiho Tanaka, en -70kg récolte le bronze après une journée où cette ancienne lutteuse – l’une des combattantes les plus puissantes de l’équipe de Maki Tsukada aux dires des connaisseurs nippons – aura eu du mal. Y compris contre Melkia Auchecorne (AS Chelles Judo) en huitième de finale. Un combat équilibré mais qui allait basculer sur une erreur de la jeune Tricolore au golden score, après deux minutes et vingt-sept secondes : une attaque en kata-guruma statique dont profitait Tanaka pour contrer en sumi-otoshi Auchecorne. Rageant, d’autant que la Japonaise s’inclinait derrière contre la jeune, elle aussi, et véloce Portugaise Tais Pina.

Un samedi où la France ne monte pas sur le podium. Gaétane Deberdt (Bourg-la-Reine JJ 92) est celle qui s’en approche le plus avec une cinquième place en -63kg. Deux victoires, deux défaites pour la championne de France 2025. Un uchi-mata gaeshi de la Slovène Kaja Kajzer, 24e mondiale, et deux fois cinquième sur des Grands Prix à l’automne 2025, mettait fin aux espoirs de seconde médaille en Grand Chelem pour la Française.
Pour le reste, la Russe Madina Taimazova en -70kg enchaîne. Après l’argent au Grand Chelem de Tokyo cette saison, elle s’adjuge l’or, ici, en Géorgie, après cinq combats. Chez les masculins, l’Italien Leonardo Valeriani créé la surprise en -73kg alors que le Turc Vedat Albayrak, né géorgien, fait honneur à son pays d’origine avec un deuxième succès consécutive sur ce Grand Chelem de Tbilissi.
La capitale géorgienne qui, selon une information du jour, devrait accueillir les championnats du monde 2029.