
Crédit photo : JC Villeneuve-lès-Avignon
En cette rentrée, L’Esprit du Judo souhaite vous proposer un entretien hebdomadaire avec les personnes qui font le judo et son actualité : athlètes, professeurs, dirigeants, entraîneurs, conseillers techniques, élus ou experts.
Sixième invité de notre nouvelle chronique, Jérémy Buisson, trente-huit ans, quatrième dan et directeur technique du JC Villeneuve-lès-Avignon, dans le Vaucluse. Une structure dynamique qui a choisi, cette saison, d’ouvrir un cours de jujitsu brésilien. Un choix réfléchi, progressif et à long terme, comme il l’explique aux côtés du professeur de JJB, Tarik Toutou.
Peux-tu nous présenter ta structure ?
Le JC Villeneuve-lès-Avignon est un club qui comptait deux cent trente-cinq licenciés à la fin de la saison dernière, six enseignants dont deux salariés et qui fêtera ses cinquante ans l’année prochaine. En 2025-2026, nous étions la deuxième plus grosse structure du département et nous avons bénéficié du programme des 1000 dojos avec deux nouveaux lieux de pratique.
Pourquoi avoir mis en place un cours de JJB au sein de votre club ?
Il y a plusieurs raisons. D’abord, l’un des deux dojos solidaires prend place dans un groupe scolaire privé, qui va de la maternelle au collège. Nous avons voulu, dès cette saison, proposer plusieurs créneaux à la direction de l’école, dont un, le midi. Et il nous a paru pertinent de proposer du JJB sur ce créneau, entre midi et quatorze heures, car nous voulions garder les créneaux du soir pour les séances du judo. Notre stratégie est celle des petits pas. Le cours de jujitsu brésilien s’adresse ainsi, pour l’instant, uniquement à des élèves de primaire, entre huit et onze ans, dont certains sont judokas.
Ensuite, nous avons fait une sorte d’analyse de marché et nous nous sommes aperçus qu’il n’y avait aucun club de JJB dans notre ville qui compte treize mille habitants. Avec ce nouvel équipement financé par la fédération, l’occasion était parfaite d’avoir une nouvelle corde à notre arc et d’être les pionniers de la discipline dans la ville. Au-delà, ce projet s’inscrit pleinement dans notre stratégie de développement : proposer un maximum d’activités pour faire croître notre nombre de licenciés et ne pas dépendre que du judo. Une initiative cohérente avec ce qui nous semble être le modèle du club de demain.
Quelle est, selon toi, la plus-value du JJB pour vos judokas ?
(Tarik Toutou). Il y a au moins deux. D’abord, cela permet d’étoffer son panel technique en ne-waza. Pendant de (trop) nombreuses années, le sol a été un domaine un peu délaissé. Et ça se voit souvent sur les compétitions. On observe un niveau global moyen, même si ce dernier tend à remonter sur les dernières années. Du coup, le JJB représente, encore, une vraie plus-value dans l’acquisition technique, mais aussi dans la compréhension des principes biomécaniques, par exemple quant à la mobilité ou la reprise d’initiative. Autre aspect très intéressant du jujitsu brésilien : la liaison debout-sol. Fondamentale dans cette discipline, cet aspect est parfois mal maîtrisé par les judokas. Mais il y a encore autre chose.
Laquelle ?
Proposer du JJB à ses judokas, c’est aussi casser la routine, lutter contre la lassitude. Un cours de JJB dans la semaine pour un judoka, c’est pratiquer une discipline avec les mêmes racines, mais avec une proposition différente : il y a du rituel avec les saluts, les valeurs, le judogi, mais des spécificités comme les « check », le no-gi, etc. Si on se place dans la lignée de ce que disait Jérémy plus haut, cela peut permettre de garder au club des pratiquants qui auraient peut-être arrêté le judo, comme je le disais par lassitude.
Que travaillez-vous avec vos jeunes élèves depuis la rentrée ?
J’ai mis la priorité sur la chute, pour pouvoir travailler la liaison debout-sol et les principes mécaniques d’immobilisation et de contrôle du corps adverse. Cela fait très cliché, mais je pars des bases (sourire). Ceinture bleue de JJB et pratiquant depuis plusieurs années, j’ai pour idée de me former, et suis également très demandeur de supports pédagogiques. Une sorte de progression à la française pour le jujitsu brésilien serait, je trouve, une bonne idée.


