Déplacé du fait de l’organisation des championnats de France 1re division seniors mi-décembre à Saint-Étienne, ce rendez-vous majeur du circuit national juniors avait lieu ce week-end. Pour quels enseignements ?

1) De nombreuses absences tricolores
Sans doute liée à son positionnement, cette édition a connu de très nombreuses absences. D’abord, celle de l’équipe japonaise, attraction majeure de cet événement du judo tricolore.  Puis celle de judokas allemands. Chez les étrangers, un unique combattant espagnol, six judokas italiens, quarante judokas suisses et soixante-sept participants néerlandais.
Chez les Français, de nombreuses juniors féminines n’étaient pas là : en -52kg, Alyssia Poulange et Alicia Marques, en -57kg, Clarisse Carillon, en -63kg, Jaelynn Chipan, Manon Agati-Alouache et Audren Guenneugues, en -70kg, Nina Muteba, en -78kg, Lucie Rullier et Emma Feuillet-Nguimgo, et en +78kg Celia Cancan et Léonie-Minkada-Caquineau.
La grande majorité pour des raisons de sélections nationales. En effet, Alicia Marques, Audren Guenneuges et Célia Cancan ont participé au Grand Chelem de Paris le week-end dernier. Léonie Minkada-Caquineau, elle, va participer au Grand Prix d’Autriche début mars – ou le choix de certains clubs de participer à l’Open européen de Slovénie ce même week-end. Un tournoi slovène où Emma Feuillet-Nguimgo, junior première année et déjà cinquième des championnats de France 1re division seniors 2025, finit en bronze, alors que la junior troisième année Alyssia Poulange termine en argent dans sa catégorie des -52kg. Chipan s’y incline, elle, au premier tour.
On ajoutera également Céline Iddir en -48kg, cinquième des CF seniors 2025 et qui n’est, comme Muteba, Rullier, Feuillet-Nguimgo que première année.
Chez les filles, toutes les leaders de la ranking-list nationale, hormis Emma Hersent en -44kg étaient absentes.*
Chez les masculins, les deux +100kg, Mathéo Akiana Mongo, champion de France senior 2025 et Kevin Nzuzi Diasivi, champion de France junior 2025 – il est deuxième année alors qu’Akiana Mongo est troisième année – n’étaient pas là non plus. Des absences majeures même si seulement deux n°1 étaient absents de ce tournoi chez les garçons : outre Akiana Mongo en +100kg, David Iurcovschi en -90kg.
Deux configurations différentes donc entre les féminines et les masculins français.

2) Suisse et Pays-Bas en vedette
Trois victoires pour la Suisse en -57kg pour Annika Zuend, Yahya Yandiev en -66kg et Suleyman Richner en -81kg. Trois succès bataves pour la -78kg pour Xanne Van Lijf, le -100kg Bram Nederbragt et le +100kg Steyn Olendhof. Quatre titres masculins et deux féminins pour ces deux nations.
Onze médailles au total pour les deux pays, sachant qu’il n’y avait aucun judoka des deux pays ni en -44kg ni en +78kg. Plus encore, une statistique aussi inédite qu’inquiétante : en -66kg, il n’y a aucun judoka français sur le podium ! Un fait inédit.
Les judokas étrangers prennent presque la moitié des titres sur cette compétition qui réunissait – hormis les absents cités plus haut – les meilleurs juniors tricolores.
Reste tout de même des succès attendus, comme celui de Désir Zoba Casi (Stade Bordelais Judo) en -73kg, lui qui a fini en bronze lors des championnats de France seniors 2025 et n°1 à la ranking-list nationale junior. Le Bordelais sera d’ailleurs le seul leader de celle-ci à s’imposer chez les masculins et les féminins ce week-end.
Les autres vainqueurs du week-end : Levanah Ragueneau en -44kg, Agathe Milhavet en -48kg, Luz Las Augen en -52kg, Margot Girard-Pombielh en -63kg, Anaïs Nebout-Gonsard en -70kg et Angella Tchami Yamedjeu en +78kg chez les féminines. Côté masculins, Evan Calarnou en -55kg, Abdeljabar Rouibet en -60kg et Rayan Kais en -90kg.

3) Des catégories à faible densité
Seulement six combattantes tricolores en +78kg, seulement huit en -44kg, dix en -78kg et seulement onze en +100kg.
Fort d’un système qui compte désormais neuf pôles France – et plus d’une vingtaine de pôle espoirs -, il faible nombre de combattants français dans au moins quatre catégories sur le seul tournoi Super Excellence juniors de la saison a de quoi interroger. Est-ce lié aux critères de participation ? Est-ce un manque de profondeur de banc, comme on dit dans le football ? Quoi qu’il en soit, voir d’aussi maigres effectifs dans ces catégories mériteraient une analyse. Causes conjoncturelles ou structurelles ?

*Lucie Rullier est leader chez les -70kg mais est montée en -78kg.