Takezo Kishi, le Japonais vainqueur en -66kg, face à Kylian Noël.
Crédit photo : L’Esprit du Judo

Dense et longue journée que ce dimanche au gymnase du stade Michel Hidalgo de Saint-Gratien, pour le tournoi Excellence seniors. Une compétition très intéressante. 473 judokas présents : 137 féminines et 336 masculins. Un nombre à la fois impressionnant et inédit pour un tournoi du circuit Excellence seniors qui offrit, par exemple, trois catégories masculines à 67 combattants : -66kg, -73kg et -81kg. Logiquement, cet événement se présentait donc comme le tournoi senior le plus fort depuis le début de saison. L’explication à cela ? Il y en a au moins trois : l’absence de compétition seniors au niveau européen ce week-end, le fait d’être organisé dans la ligue Île-de-France — la première en termes de licenciés et de structures de haut niveau — et le fait que ce tournoi était le premier, dans cette catégorie d’âge et à ce niveau, depuis les championnats de France 1re division mi-décembre à Saint-Étienne.

Un tournoi dont on retiendra, sur le plan sportif, les victoires :
– de Yahn Motoly Bongambé (AJA Paris XX) en -60kg dans un remake — avec la même fin — de la finale du tournoi de Noisy-le-Grand en octobre dernier. Un ko-uchi makikomi parfait permettait au Parisien de battre à nouveau Mohamed Guerrirem (ESSM Judo), un judoka classieux et très régulier au niveau national : vainqueur à Besançon et deuxième à Noisy-le-Grand, Troyes (label A) et donc Saint-Gratien.
– du Japonais Takezo Kishi en -66kg. Un combattant nippon, mari d’Ai Tsunoda-Roustant et licencié en Espagne. Un ancien de l’université de Tokai qui avait fini en argent aux championnats universitaires du Japon en 2024. L’équipe de JSDF Physical Training School (l’équipe de l’armée japonaise) souhaitait le recruter, mais lui à décider de rejoindre sa femme en Espagne, au club de Lleida. Si les premières séquences de son premier combat furent un peu dures, ce judoka prit ensuite toute la mesure de ses cinq rencontres suivantes, ce dimanche. Son de-ashi-barai contre Evan Leclerc (Arts martiaux Asnières) fut une petite merveille.
– de Mélodie Turpin (JC Pontault-Combault) en -70kg. Vice-championne de France 2025 en -63kg, celle qui ne fut pas sélectionnée pour le Grand Chelem de Paris proposa une journée où elle fit parler toute sa puissance dans la catégorie supérieure, dominant notamment Gabrielle Barbaud (Bourg-la-Reine 92 JJ), cinquième à Saint-Étienne il y a deux mois.
– d’Haruka Funakubo (ACBB Judo) en -63kg. L’image est singulière : médaillée olympique de bronze à Paris en -57kg, celle qui reste comme la seule triple championne du monde juniors (2015, 2017 et 2018), double médaillée mondiale (2022 et 2023), à seulement 27 ans. Venue en France pour découvrir le système français, celle qui a posé ses valises au sein du club de l’ACBB, qui avait gagné le tournoi d’Herstal fin janvier, perpétue sa passion à un niveau moindre que celui qu’elle a connu avec son pays. Une forme de décalage qui permet au judo français de profiter de la présence et de l’expertise d’une combattante remarquable.

Prochain rendez-vous ? Le 22 mars avec le tournoi Excellence de Saint-Raphaël puis, ensuite, les championnats qualificatifs pour les championnats de France 2division (le 6 juin à Villebon), dont l’importance sera capitale pour la qualification aux championnats 1re division.