
Crédit photo : Thomas Rouquette/L’Esprit du Judo
Longtemps organisé à Cannes — sous le nom de Tournoi de France — et depuis quelques années à Dijon sous son nouveau vocable de Tournoi Super Excellence, le plus gros tournoi national de la catégorie cadets a migré cette année vers les bords de l’Atlantique, pour atterrir au pôle des arts martiaux métropolitain de Lormont, en Gironde. Une salle rénovée, agrandie, modernisée, pour en faire un superbe bâtiment dédié au judo. Un outil remarquable pour le judo tricolore qui, encore ce week-end, faisait bien des envieux à écouter les discussions des professeurs ou cadres techniques venus des quatre coins de l’Hexagone.
Un tournoi Super Excellence qui fut l’occasion de présenter le nouveau staff national cadet, avec Lilian Barreyre, ancien DTR de la ligue des Hauts de France comme responsable de cette nouvelle équipe, et Céline Lebrun, Alexandre Iddir, Thierry Fabre et Yann Benoit comme entraîneurs. Arnaud Perrier, lui, reste au poste de coordonnateur.
Un staff qui a annoncé que les trois sorties officielles sélectives seraient les coupes d’Europe de République tchèque (28-29 mars), d’Allemagne (25-26 avril) et de Pologne (16-17 mai).
Mais quid du tapis ? Neuf surfaces ouvertes pour une compétition plus sélective qu’il y a quelques années avec des critères précis (judokas des pôles espoir et France, qualifiés aux championnats de France 1re division n-1, sept premiers de la Coupe de France minime n-1, médaillés aux championnats de France 2e division et espoirs n-1 et licenciés de la ligue organisatrice sous réserve de l’avis favorable du DTR.)
Un événement dont la principale leçon est qu’elle a confirmé très fortement les tendances matérialisées par la ranking-list nationale. Finalement, et c’est aussi à noter, la seule surprise vient des résultats suisses avec une victoire en -60kg de Timéo Cori du Judo Morges Nyon dans une catégorie à cinquante et un combattants et deux médailles de bronze en -66kg pour Alexandre Muller et en -73kg avec Antoine Essade.
Mais revenons à l’enseignement principal. D’abord, les victoires des trois sélectionnées internationaux sur les championnats d’Europe et du monde 2025 : Héléa Bailleul (AG Caen) en -52kg, Astan Sacko (Budokan Deuil) en +70kg et Azriel Dekenne Diffo (JCD Orgemont) en +90kg.
Bailleul qui fut à deux doigts de s’incliner en demi-finale contre Oriane Cadignan. Piquée au sol où elle sort au tout dernier moment, elle s’impose sur abandon de son adversaire asniéroise, qui se blesse sérieusement en bas de la jambe quelques séquences plus tard. Pas la seule malheureusement sur un samedi ponctué d’interventions de la sécurité civile avec plusieurs judokas transportés en matelas coquille. Un nombre anormalement élevé. Malchance ? Échauffement insuffisant ?
Ou des paramètres tenant à la pratique judo en elle-même ? Quoi qu’il en soit, il y eut de la casse sur cet événement et tout le monde le nota.
Une logique et une hiérarchie respectées ce week-end. Ainsi, chez les masculins, cinq n° 1 à la ranking-list avant cette compétition l’emportent : Rayanna Belmahdi (Mulhouse Judo) en -46kg (le n° 1 à la ranking-list est monté depuis plusieurs mois en -50kg), Andrea Hoffman (PSG Judo) en -50kg, Yann Laforge (Judo Paris 17) en -66kg, Osiris Nandjo (AJA Paris XX) en -81kg et donc Azriel Dekenne Diffo en +90kg.
Chez les féminines, elles sont trois avec Ninon Joly (Judo Riézois) en -44kg, Héléa Bailleul et Astan Sacko.
Plus globalement, vingt-huit masculins sur les trente-six médaillés, soit 78 %, sont classés dans les dix premiers de la ranking-list. L’exception chez les masculins vient des -81kg avec trois médaillés se situant à la quatorzième, quinzième et douzième place : Leny Dauphine (JC Anjou) est argent, alors que Txema Larre (JC Orthézien) et Guillaume Herrgot (Promo Sports Besançon Judo) sont en bronze. En -73kg, Mayron Moilim (UJ Brive Corrèze Limousin) réalise la performance du jour alors qu’il était vingt-septième à la ranking-list. Médaille de bronze pour l’élève de Jamal Solh.
Chez les féminines, elles sont vingt-neuf sur trente-deux, soit 90 %, à être dans les dix premières. Les trois exceptions sont en -44kg avec Chloé Plucain (JSA Bordeaux), 27e le samedi matin, en -48kg avec Noémie Urban (Chaponost Judo), classée deuxième en -44kg à la ranking avant cet événement et Jennifer Gnon (CO Multisport Bagneux), n° 16 chez les +70kg.
Une ranking-list dont il a été question lors du séminaire fédéral aux Ménuires début janvier. Un objet qui produit des effets non négligeables sur des sujets majeurs comme la planification, l’entraînement, la gestion du poids et sur lequel L’Esprit du Judo reviendra dans un article au moment des championnats de France qui se dérouleront les 7 et 8 mars prochains à Villebon.


