Le sort en est jeté pour les six-cent-vingt-deux combattants (représentant quatre-vingt-treize nations) qui s’élanceront à partir de ce dimanche sur ces championnats du monde 2026. Mais que retenir de ces tableaux qui viennent d’être dévoilés dans la capitale azerbaïdjanaise ?

Dimanche 4 octobre – J1 : -48kg/-60kg

Côté français, sur les dix-sept engagés, huit connaissaient déjà, du fait de leur statut de tête de série, l’identité de celui ou celle qu’il faudra probablement affronter en quarts si la logique des tableaux s’impose sur les tatamis. Ainsi, Shirine Boukli (tête de série n°5 en -48kg) se retrouve positionnée en dans la même zone que la Chinoise Wenna Zhuang, celle qu’elle avait vaincue au golden score pour s’imposer lors du dernier Grand Chelem de Paris. Auparavant, c’est la Burundaise Signoline Kanyamuneza qu’il faudra dominer, puis probablement sa victime préférée en finale des championnats d’Europe (trois victoires à ses dépens pour l’or en 2022, 2023 et 2025), la Portugaise Catarina Costa. En demie, ce pourrait alors être l’autre Chinoise, la numéro 1 mondiale Xinran Hui, au menu, à condition qu’elle passe sur les corps de la tenante du titre, l’Italienne Assunta Scutto, puis de la vice championne, la Kazakhstanaise Abiba Abuzhakynova, lors de ses deux premiers tours !

Ce dimanche, ils seront deux en piste du côté des super-légers : Romain Valadier Picard, en argent à Budapest en 2025, et le double médaillé olympique Luka Mkheidze. Le Boulonnais, seul masculin de la délégation française « protégé » au tirage au sort, ne connaît pas encore l’identité de son premier adversaire, qui sera soit le Hongrois Marton Andrasi, cinquième à domicile l’année dernière, soit le Salvadorien Jairo Moreno. Le Belge Jorre Verstraeten ou le Britannique Charlie Ayre l’attendrait ensuite pour une place en quarts, où il pourrait recroiser le Kazakhstanais Sherzod Davlatov, celui qui l’avait éliminé d’entrée en Suisse fin août, ou le Brésilien Michel Augusto. Pour Luka Mkheidze, il faudra être tout de suite dedans pour rivaliser avec le Russe Ayub Bliev, vice champion d’Europe et médaillé mondial l’an passé. Un succès et le tableau s’aérerait jusqu’en quarts, où il pourrait affronter l’Azerbaïdjanais Ahmad Yusifov, cinquième mondial.

 

Lundi 5 octobre – J2 : -52kg/-66kg

En l’absence de la Kosovare Distria Krasniqi et des Françaises Amandine Buchard et Blandine Pont en -52kg, tous les regards devraient fatalement se tourner sur la Japonaise Uta Abe, en piste pour décrocher un sixième titre à vingt-six ans. La Brésilienne Larissa Pimenta, médaillée olympique à Paris, sera la première à tenter de se mettre en travers de son chemin. De quoi annoncer très tôt la couleur…

En -66kg, le grand frère Hifumi Abe chassera quant à lui une cinquième couronne, avec comme probable premier adversaire le jeune Français Kelvin Ray, retenu de dernière minute après le forfait sur blessure de Walide Khyar. Pour s’offrir ce duel de prestige, comme en Chine en juin dernier, le champion de France 2025 devra d’abord prendre le dessus sur l’Américain Ari Berliner. Pour Daikii Bouba, la route débutera face à l’Équatorien Jonathan Benavides, avant, possiblement, de se mesurer au Moldave Denis Vieru, en bronze à Paris 2024. Il faut se rappeler que deux mois avant sa médaille olympique, il avait pris la direction des vestiaires dès son premier combat aux mondiaux d’Abou Dhabi, battu alors par… Daikii Bouba. À reproduire pour s’avancer vers un potentiel quart contre le vice champion du monde 2025 Nurali Emomali.

Mardi 6 octobre – J3 : -57kg/-73kg

En -57kg, si une finale Eteri Liparteliani/Sarah-Léonie Cysique semble tout à fait envisageable puisque les deux premières du classement mondial ne pourraient se rencontrer avant, il faudra toutefois pour la Française se sortir d’éliminatoires copieux, avec notamment la Turkmène Maysa Pardayeva, victorieuse à Qingdao il y a quelques mois, la Serbe Marica Perisic qu’elle retrouverait pour la dixième fois depuis 2018 (6-3 pour Cysique actuellement), et surtout la Japonaise qui émergera de la partie basse du tableau, après avoir peut-être dominé sa compatriote : Momo Tamaoki ou Akari Omori ?

Chez les -73kg, le nom de Joan-Benjamin Gaba, tenant du titre, était forcément attendu au tournant au moment de la répartition des engagés de cette catégorie à cinquante combattants. Il est sorti en toute fin, en face de celui du Bulgare Victor Skerlev, troisième au Grand Chelem d’Oulan-Bator puis au Grand Prix de Qingdao avant l’été. Une entrée en manière qui promet d’être énergique avant d’enchaîner sur l’Israélien Yehonatan Elbaz puis l’Américain Jack Yonezuka pour pouvoir espérer basculer en quarts. Pour sa première à ce niveau, Dayyan Boulemtafes a hérité au premier tour du Kazakhstanais Angsarbek Gainullin, qu’il avait sorti en éliminatoires en Mongolie fin juin. Rien d’insurmontable donc, avant de probablement jouer son ticket pour les quarts contre le Russe Danil Lavrentev, champion d’Europe 2025, ou son compatriote devenu Émirati Kazbek Naguchev, vainqueur en début de semaine des Jeux d’Asie en dominant notamment le numéro un mondial tadjik Muhiddin Asadulloev, qui figure dans le même demi-tableau que tout ce petit monde.

 

Mercredi 7 octobre – J4 : -63kg/-81kg

De son côté, Manon Deketer (tête de série 5 en -63kg) n’aura pas non plus de répit alors qu’elle débutera directement en seizième de finale. La Vénézuélienne Anriquelis Barrios ou la Russe Dali Liluashvili se présentera alors face à elle, puis vraisemblablement la championne d’Europe 2025, la Tchèque Renata Zachova, en suivant, avant que ce ne soit au tour de la Néerlandaise Joanne Van Lieshout, championne du monde 2024 et qui l’a privée d’or aux derniers championnats d’Europe. Totalement dépendante du tirage au sort du fait de son récent à la compétition – troisième place au Grand Chelem de Lausanne – après la naissance de son deuxième enfant en mars, Clarisse Agbégnénou se retrouve dans le quart de tableau D, où les mieux classées sont la Brésilienne Rafaela Silva et la Croate Iva Oberan, respectivement têtes de série n°4 et 5. Elles pourraient se succéder face à la sextuple championne du monde tricolore, à moins que la Canadienne Catherine Beauchemin-Pinard, intercalée du côté de Rafaela Silva et victorieuse de ses deux dernières oppositions contre Agbégnénou, ne bouscule les hiérarchies. On regardera aussi de près le parcours de l’autre Canadienne, Jessica Klimkait, doublée dans la course olympique de Paris 2024 en -57kg par Christa Deguchi (couronnée en France avant de prendre sa retraite) et passée depuis dans la catégorie supérieure, qui pourrait être la première adversaire de l’irrésistible Haruka Kaju, tenante du titre qui n’a toujours pas perdu en trente-cinq combats à l’international depuis ses débuts en décembre 2024.

Pas de -81kg tricolore retenu pour cette édition azerbaïdjanaise, ni de tenant du titre depuis le forfait du Russe Timur Arbuzov. Pour autant, cela sentira la poudre un peu partout dans ce tableau, avec un probable Yuhei Oino (quatre finales de Grand Chelem pour trois victoires en un an)/Lee Joonhwan (en bronze sur les trois derniers mondiaux ainsi qu’aux Jeux de Paris) dès les seizièmes, ou encore la présence de trois Azerbaïdjanais – comme en -66kg, -90kg et +100kg grâce aux nombreuses wild-cards attribuées au pays hôte, ce qui n’est pas sans poser question – dont les têtes de série n°2 et 5 Zelim Tckaev et Omar Rajabli…

 

Jeudi 8 octobre – J5 : -70kg/-90kg

Du répondant dès le début de journée, c’est aussi ce qui attend Clémence Emé (tête de série n°5 en -70kg) avec de fortes chances de retrouver la puissante Grecque Elisavet Teltsidou, qu’elle n’a encore jamais croisée sur le circuit. En cas de succès, la voie des quarts pourrait s’ouvrir, face à l’Allemande Miriam Butkereit, troisième l’an passé à Budapest et finaliste des Jeux de Paris. 1-1 après leurs deux affrontements cette année en Grand Chelem : à qui la belle ?

Derniers masculins français lancés dans cette bataille de Bakou, Maxime-Gaël Ngayap Hambou, déjà médaillé aux Jeux et aux championnats d’Europe, et Aleksa Mitrovic, retenu à la faveur de sa victoire récente aux Jeux méditerranéens, débuteront en trente-deuxième de finale, respectivement contre le Tchèque David Klammert et l’Ouzbek Umar Bozorov. Un succès initial et ce sera déjà une tête de série face à eux. Le Brésilien Rafael Macedo pour l’Asniérois, qu’il a dû hanter longtemps depuis leur combat pour le bronze olympique à l’Arena Champ de Mars en 2024, remporté par le Français, le Sud-Coréen Kim Jonghoon, monté en puissance cette année avec une victoire aux championnats d’Asie, une finale de Grand Chelem et une troisième place en milieu de semaine sur les Jeux d’Asie.

 

Vendredi 9 octobre – J6 : -78kg/-100kg

Comme Boukli, Deketer et Emé cinquième sur les tablettes des -78kg, Kaila Issoufi se voit offrir deux premiers tours à sa main, avant un potentiel quart explosif contre la Japonaise Kurena Ikeda, qu’elle vient juste de battre fin août pour empocher du bronze au Grand Chelem de Lausanne. Il faudra rééditer la performance pour rallier le dernier carré, avec la perspective de croiser le fer avec l’actuelle leader planétaire, l’Allemande Anna Monta Olek. Là encore, leur dernier face-à-face, en finale du Grand Chelem de Tashkent 2026, avait (nettement) tourné en faveur de la combattante de Sainte-Geneviève-des-Bois. Avant de retrouver son aînée Audrey Tcheuméo pour se disputer l’or ? Il faudra pour cela que la doyenne de l’équipe de France sur ces championnats signe la journée parfaite, en surmontant un à un les obstacles Emma Reid (Grande-Bretagne), qui lui avait chipé le bronze mondial en 2024 au sol, Yelyzaveta Lytvynenko (Émirats Arabes Unis) qui a emporté la décision lors de leurs duels de 2026, et Alina Boehm (Allemagne), rien que dans son quart de tableau !

Chez les mi-lourds – catégorie la plus dense avec cinquante-six athlètes sur la ligne de départ, hormis les Russes Idar BIfov et Matvey Kanikovskiy (le tenant du titre), tout le top 15 est bien là ! Ce qui donne des combats dignes de phases finales dès le premier tour, comme celui opposant le champion d’Asie 2026 Said Sudradinov à l’Espagnol Nikoloz Sherazadishvili, ancien double champion du monde des -90kg, ou encore celui entre le Canadien Kyle Reyes, vice champion du monde 2022, et le Portugais Jorge Fonseca, sacré en 2019 et 2021 !

Samedi 10 octobre – J7 : +78kg/+100kg

Enfin, chez les +78kg, le combat des reines entre Léa Fontaine et Romane Dicko, têtes de série n°2 et 3, pourrait intervenir en demi-finale. Pour en arriver à cette revanche de la finale du Grand Chelem de Lausanne, remportée par Fontaine, il faudra probablement pour cette dernière vaincre la compacte Russe Mariia Ivanova et la Japonaise Mao Arai, finaliste en 2025. Pour Dicko, la voie du dernier carré devrait se jouer contre la Chinoise Jinesinuer Ayiman, troisième au Grand Prix de Qingdao fin juin.

Chez les lourds, si le Russe Inal Tasoev et son dossard rouge font office d’attraction n°1, il lui faudra être dans un grand jour : dès son deuxième combat, il pourrait devoir batailler avec le Sud-Coréen Kim Minjong, vice champion olympique derrière Riner à Paris, ou le Japonais Kenta Nakano, avant de lutter en quarts contre le Tchèque Lukas Kraplek, double champion olympique (en -100kg et +100kg). De quoi se mettre en jambes…

Retrouvez les tableaux complets ci-dessous :
Championnats du monde 2026 – Tirage au sort