
Crédit photo : Tamara Kulumbegashvili/IJF
La finale fut superbe. La longue accolade entre les deux combattantes ne le fut pas moins. Un joli moment pour les amateurs que cette finale entre Martha Fawaz (US Orléans Loiret JJJ) et la Brésilienne Shirlen Nascimento lors du premier jour du Grand Chelem d’Abou Dhabi, édition 2026.
Premier événement post championnats du monde de Bakou, cette compétition à moins de quatre cents combattants, sur lequel la France avait décidé d’envoyer une sélection « club », a vu les Tricolores féminines se montrer à leur avantage ce jeudi, dont le titre pour l’Orléanaise en -57kg. Titulaire sur l’épreuve par équipes aux championnats du monde en Azerbaïdjan, Martha Fawaz, n°9 mondiale et tête de série n°3 ce matin, après trois combats gagnés aux yuko contre l’Allemande Laila Goebel (136e mondiale), la Britannique Acelya Toprak (n°17) et la Croate Ana Viktorija Puljiz (n°7), délivrait sa meilleure prestation lors d’une finale où elle se voit menée et marquée deux fois sur ippon-seoi-nage à droite par Nascimento, victorieuse de la Champions League avec le PSG Judo, il y a moins d’une semaine à Paris. Mais Fawaz a su garder le cap, marquant toutes ses valeurs grâce à des ashi waza – o-uchi-gari et o-soto-gari – qui s’avérèrent particulièrement cliniques ce jeudi, y compris en finale, où elle place chacune de ces deux techniques. Seconde victoire en Grand Chelem pour celui qui fut coaché aujourd’hui par Julien Boussuge, nouvel entraîneur du haut niveau orléanais en remplacement d’Anthony Rodriguez recruté au sein du staff national féminin. Quatrième médaille de la saison – deux en Grand Chelem, deux en Grand Prix – sixième fois sur six classée. Voilà Martha Fawaz qui devrait entrer dans le top cinq de la ranking-list mondiale lundi. Une excellente journée, en somme.
Buchard, retour en argent
Elle n’avait plus combattu depuis octobre et les championnats d’Europe en Géorgie. Médaillée d’argent à Tbilissi – sa sixième médaille continentale -, Amandine Buchard (JC Marnaval 52), non sélectionnée pour les championnats du monde au début du mois, réussit son retour. Six mois sans compétition, c’est long ! Ce jeudi, la double médaillée olympique, si elle ne gagne pas, finit tout de même en argent, seulement battue en finale par la surprenante croate Tihea Topolovec, 28 ans, 65e mondiale, qui lui place un uchi-mata à droite à une quinzaine de secondes de la fin.
Le reste de la journée ? De la maîtrise, des coups de judo, comme ce magnifique balayage administré à la Hongroise Rozya Gyertyas, n°7 mondiale et septième des championnats du monde début octobre. « Bubuche » a bien joué sa partition, sans risques majeurs. Une très bonne reprise donc, un peu gâchée par cette défaite en finale, alors que la championne olympique en titre, l’Ouzbek Diyora Keldiyorova, revenue il y a peu à la compétition après avoir donné naissance à son premier enfant, était battue par l’Israélienne Gefen Primo en tableau.
Boqiev, 277e mondial… et vainqueur !
Une demi-finale mais finalement pas de médaille pour Mélanie Legoux-Clément (JC Marnaval 52) en -48kg, battue par la Russe Marina Vorobeva, au sol, sur un kata-gatame, pour le bronze. Côté masculins, Enzo Jean (PSG Judo) se fait contrer deux fois par le Britannique Charlie Ayre, alors que Kelvin Ray (PSG Judo), si intéressant aux championnats du monde et son combat contre sa Majesté Hifumi Abe, se fait contrer en huitième de finale par le combattant de Bahrein Sukhrob Boqiev, 277e mondial !, sur un très subtil o-uchi-gaeshi très sec mais impeccable de timing. Boqiev, coaché par le Russe Kamal Khan-Magomedov, dont les observateurs les plus avisés auront conclu que le coach a offert à son athlète toutes ses ficelles de compétiteur, qui s’n ira gagner la compétition ! Troisième des Jeux d’Asie, il y a fort à parier qu’un judoka, aussi loin à la ranking-list, vainqueur d’un Grand Chelem, relève de l’exploit !
Ce qui est certain, en revanche, c’est que le travail effectué par Khan-Magomedov auprès de cette sélection de judokas originaires d’autres pays, portent ses fruits.


