
Crédit photo : Tamara Kulumbegashvili/IJF
Historique. Ce vendredi, le judo africain s’est mis à l’honneur grâce à Hassan Doukkali. À vingt-quatre ans, le Marocain offre, tout simplement, le premier titre en Grand Chelem de l’histoire à son pays ! Champion d’Afrique cadets, juniors, seniors, ce judoka du royaume chérifien symbolise la belle histoire de cette deuxième journée à Abou Dhabi après un parcours parfait, battant le Français Maxime Gobert (Olympic Judo Nice) au deuxième tour sur un ko-soto-gari très collé, offert par le Tricolore. Très à l’aise au corps-à-corps, véloce, rapide sur ses changements d’appui, Doukkali a utilisé de manière optimale toutes c(s)es qualités pour battre ensuite des judokas dont l’ADN, la culture, laissaient croire qu’il ne fallait pas aller les chercher dans ce domaine. Il en fut ainsi du Géorgien Giorgi Chikhelidze en quart de finale et du Russe Karen Galstyan en demie, tous deux plaqués au sol à leur plus grande surprise après des arrachés dont ils ne purent réchapper ! En finale, le Marocain, coaché par l’Égyptien Ramadan Darwish, place un tani-otoshi au bout d’une minute au Tadjik Masudi Ahmadzod, vingt-quatre ans, n°44 mondial et tombeur d’un certain Joan-Benjamin Gaba en quart de finale (voir plus bas). Deuxième des Jeux méditerranéens fin août à Tarente (Italie), le Marocain gagne son premier titre sur le circuit IJF mais aussi sa première médaille, offrant donc à son pays une première médaille d’or au Maroc qui ne comptait jusque là qu’un unique podium en Grand Chelem : c’était en 2019, à Iekaterinbourg grâce à Assmaa Niang. Sept ans d’attente, c’est long. Mais voilà cette disette désormais comblée.
Joan-Benjamin Gaba, justement. Battu précocement aux championnats du monde de Bakou, on attendait de voir dans quelles dispositions étaient le champion du monde 2025. Vainqueur du Portugais Otari Kvantidze puis du Russe Buian-Kherel Sanaa, au golden score, lors de combat âpres, mais sans étincelles, la tête de série n°4 ce matin, perdait aux shidos contre le Tadjik Ahmadzod en quart de finale, sur une troisième pénalité. Une décision, prise par les superviseurs, qui illustra, une énième fois, le flou total de la direction voulue par l’arbitrage mondial après des championnats du monde où la règle ne fut pas la même entre le premier et le dernier jour. Face à un adversaire à la production judo et technique pas loin de l’insignifiant durant un combat où il ne se passa franchement pas grand-chose, le judoka du PSG se faisait sanctionner pour une fausse attaque sur un yoko-tomoe-nage après presque quatre minutes de golden score. Une décision que le champion du monde cherchait à comprendre. En repêchages, en revanche, le sumi-gaeshi du Kosovar Akil Gjakova, là encore au golden score, au bout de trois minutes, ne souffrait, lui, pas de contestation. Consistant en termes d’endurance, Joan-Benjamin Gaba, et c’est sans doute normal, donne l’impression d’être encore loin des sensations judo démontrées lors de son formidable titre mondial à Budapest l’année dernière. Sélectionné sur les championnats d’Europe par équipes la semaine prochaine à Belgrade, le héros de la finale de la Champions League le week-end dernier au Dojo de Paris, aura une nouvelle occasion de retrouver du feeling.
Sinon ? Et bien peu à dire avec les éliminations au premier tour du junior deuxième année et médaillé européen début septembre, le dénommé Noah Boué (PSG Judo) et d’Arnaud Aregba (US Orléans Loiret JJJ) en -81kg. En -63kg, Mélodie Turpin (JC Pontault-Combault) passait seulement dix secondes sur le tatami, totalement surprise sur la première séquence par le o-soto-otoshi de la Slovène Kaja Kajzer Zabkar, coaché par Damiano Martinuzzi, et qui terminera en bronze cet après-midi.
Un vendredi où en -81kg le Moldave Petru Pelivan, battu d’entrée aux championnats du monde s’offre en finale le surprenant Finlandais Eetu Ihanamaki, n°13 mondial mais tête de série n°1 ce matin ! Un ko-uchi-gari et voilà le Moldave, jamais médaillé sur le circuit FIJ qui s’offre, comme Doukkali, son premier titre et par la-même son premier podium en Grand Chelem ! En -63kg, la Polonaise Angelika Szymanska bat la Hongroise Anna Kriza, tombeuse de Clarisse Agbegnenou en quart de finale des Mondiaux azerbaïdjanais. Passée à côté de ses championnats du monde, Szymanska s’offre son second Grand Chelem de rang après Lausanne ! Une excellente affaire au niveau de la ranking-list pour la vice-championne du monde 2024, elle aussi hors du coup à Bakou au début du mois.
Enfin en -70kg, Tais Pina, la jeune marathonienne portugaise, en bronze à la Champions League avec l’ACBB Judo s’offre une finale toute en précocité face à la Brésilienne Kaillany Cardoso, 22 ans, double vice-championne du monde juniors (2022 et 2023) et deuxième, déjà, au Grand Chelem de Budapest mi-septembre. Un « Reiter » et voilà la Lusitanienne, vingt-deux ans elle aussi, et qui en était déjà à sa septième compétition de l’année 2026, en or !


