Hifumi Abe a été une nouvelle fois étincelant.
Crédit photo : Tamara Kulymbegashvili

Japon 3 – France 0. Première journée blanche pour la France, battue trois fois lors des trois duels franco-japonais de ce vendredi.

Tête de série n° 1 en -48kg, Shirine Boukli (FLAM 91), victorieuse il y a trois semaines à Paris, s’incline d’entrée contre Mizuki Harada, 22 ans, 138e mondiale et étudiante à l’université Nichida.
Un tirage au sort piégeux, face à une combattante en bronze au Grand Chelem de Tokyo. Pourtant, le début de combat était très bon, à la fois parce que la Nipponne était sanctionnée par deux fois et parce que Boukli arrivait à monter son bras droit haut pour lancer son sumi-gaeshi. Mais un uchi-mata makikomi à droite pour yuko de Harada changeait la donne. Réussissant de plus en plus à gérer la manche droite de la Tricolore, la Japonaise lançait un tomoe-nage à gauche pour waza-ari qui lui permettait de prendre un peu plus d’avance dans le tableau des valeurs. Une différence qu’elle gérait jusqu’au bout, la médaillée olympique de bronze de Paris n’arrivant plus à la fixer.
Tête de série n° 2, Faiza Mokdar (PSG Judo) vivait la même journée que Boukli : battue lors de son premier combat par une Japonaise. Mio Shirakane, en l’occurrence. Pas de valeurs marquées, par contre, mais trois shidos subis, dont deux au golden score pour non-combativité.

Seul masculin tricolore engagé de la journée, Maxime Merlin (AJA Paris XX), champion de France en titre des -60kg, trouvait tout comme ses deux compatriotes féminines un Japonais dans son tableau. Mais au deuxième tour. Au premier, le Parisien se défaisait de l’Allemand Maximilian Heyder, 29 ans, 70e mondial, quinze Grands Chelems au compteur pour, en tout et pour tout, une septième place à Bakou l’année dernière. Deux passages en ne-waza pour deux-waza-ari en immobilisation et Merlin continuait sa route.
Au deuxième tour, c’était Taiki Nakamura, 23 ans, médaillé mondial de bronze 2025 et en argent au Grand Chelem de Tokyo début décembre. Un mano a mano plaisant à suivre avec de longs passages en ne-waza lors desquels chacun jouait sa carte. Mais à vingt secondes de la fin, Merlin subissait un ko-uchi-gari, une technique que l’ancien étudiant de Kokushikan avait déjà tentée plusieurs fois dans le combat et sur laquelle le Tricolore avait perdu, au golden score contre Ryuju Nagayama à Paris. Un yuko d’avance qui faisait basculer la rencontre. Le ippon en immobilisation de Nakamura sur le gong s’avérait anecdotique.

À retenir ? Le festival réalisé par Hifumi Abe en -66kg. Challengé comme jamais au Grand Chelem de Tokyo, le double champion olympique en titre sort une journée de toute beauté, magnifiée par un fabuleux ippon en finale contre son compatriote Shinsei Hattori : Abe lançait son fameux sode-tsuri-komi-goshi debout à droite, Hattori se décalait pour l’esquiver… et Abe lançait alors un harai-goshi absolument parfait qui projetait Hattori. Quel mouvement ! Une action saluée à juste titre par le public ouzbek. Quatorzième victoire en Grand Chelem pour le judoka de Park 24 sur seize participations ! Pour les férus de statistiques, il n’a été battu seulement que deux fois, en Grand Chelem, depuis décembre 2014 : à Osaka, en 2018, où il s’incline contre Joshiro Maruyama dans un combat mémorable et contre Manuel Lombardo à Paris en février 2019. Ce vendredi, le golden boy du judo nippon aura bien été la vedette du jour.
Autre victoire nipponne avec Kokoro Fujishiro, 24 ans, n° 10 mondiale. Troisième à Tokyo à la fin de l’année dernière, gagne sa demie contre l’Italienne Odette Giuffrida, et sa finale contre l’Émiratie Khorloodoi Bishrelt en ne-waza. Elle confirme ainsi sa place de n° 2 nationale, derrière l’intouchable Uta Abe.
Enfin, le pays hôte voit non pas un, mais une de ses judokas s’imposer : Shukurjon Aminova ! 23 ans, n° 15 à la ranking-list mondiale, celle qui n’était jamais montée jusque-là sur un podium de Grand Chelem s’offre pour l’instant la journée de sa carrière, battant la championne du monde géorgienne Eteri Liparteliani en demie sur un makikomi et la Japonaise Shirakane en finale aux shidos. À voir si cette hype se confirme sur le circuit.
Les deux derniers vainqueurs sont Ahmad Yusifov en -60kg — dans une finale 100 % azerbaïdjanaise — et la Chinoise Xinran Hui en -48kg, troisième à Paris. Des Chinoises qui s’installent désormais au premier rang dans cette catégorie.
Le Japon mène la danse ce soir avec deux titres, deux médailles d’argent et deux de bronze.