
Crédit photo : Tamara Kulumbegashvili/IJF
Hier, le Japon avait mis fin aux illusions tricolores de Shirine Boukli, Faiza Mokdar et Maxime Merlin. Ce samedi, il y a encore un peu de cela, mais cette fois-ci avec l’Allemande Miriam Butkereit, vice-championne olympique des -70kg, qui bat coup sur coup les deux engagées françaises de la catégorie. Deux victoires cette fois-ci en demie et en finale acquises de la même manière : un travail au sol imparable. En finale contre Melkia Auchecorne (AS Chelles Judo), Butkereit place très rapidement dans le combat une variante d’immobilisation à l’équerre avec contrôle du bras qui finalisait un départ en sankaku-gantame. Une immobilisation redevenue valable dans le règlement actuel. Comprenne qui pourra. En demi-finale, c’est un kuzure tate-shiho-gatame que l’Allemande trouvait la solution face à la judoka de l’AJA Paris XX.
Émé, qui, après avoir battu la Japonaise Erina Ike aux pénalités, bénéficie de l’absence de Sanne Van Dijke, et avoir joliment ipponisé l’Italienne Irène Pedrotti sur un eri-seoi-nage à gauche allait chercher sa première médaille en Grand Chelem en plaçant un o-uchi-gari — son spécial — à la Chinoise Lu Liu. Une valeur suffisante pour celle qui fut médaillée mondiale juniors 2017 en -63kg et victime de plusieurs longues blessures. Une résilience remarquable pour la vice-championne de France 2025, qui réalise sa meilleure saison chez les seniors avec sa médaille d’argent au Grand Prix de Zagreb — la première de sa carrière également — en début de saison.
Un podium des -70kg sur lequel Melkia Auchecorne occupe, elle, la deuxième place. La médaillée de bronze des championnats de France bat, elle, la tête de série n° 1, l’Australienne Aoife Coughlan, la Chinoise Lu Liu en quart de finale et la très puissante Grecque Elisavet Teltsidou sur un o-uchi-gari, à trois secondes de la fin du temps réglementaire et alors que la Grecque se relève après un passage à genou. Une erreur fatale avec le nouveau règlement. Deux têtes de série battues pour la Chelloise, qui va chercher sa quatrième médaille en Grand Chelem et la seconde sur le circuit cette saison après le bronze au Grand Prix de Chine fin septembre.
La dernière Française du jour, Manon Deketer (ESBM Judo), avait, elle, ouvert la voie avec une médaille de bronze en -63kg. Absente des championnats de France, septième à Paris, la Blanc-Mesniloise ne s’incline ce samedi que contre la Canadienne Catherine Beauchemin-Pinard, en demi-finale sur un ko-soto-gake à droite à trois secondes de la fin !
Un mouvement que Deketer allait placer lors du combat pour le bronze à l’Israélienne Gila Sharir pour s’offrir, comme Auchecorne, sa seconde médaille internationale de la saison après celle en or en Chine. Un quart de tableau maîtrisé pour celle qui était tête de série n° 4 avec des victoires contre l’autre Israélienne de la catégorie, la jeune Kerem Primo et la Polonaise Angelika Szymanska. Une médaille qui conforte sa place d’incontestable n° 1 française de la catégorie, en l’absence de Clarisse Agbegnenou.
Pour le reste, énorme surprise en -73kg avec la victoire du Tadjik Orif Abdulloi, 20 ans et qui participait à sa première compétition sur le circuit international senior ! À son palmarès, une unique médaille d’argent lors de la coupe européenne juniors du Tadjikistan en novembre 2025. Une apparition météorique pour ce gaucher qui place un uchi-mata à la tête de série n° 2, l’Ouzbek Shakhram Ahadov, au golden score, pour l’emporter dans une catégorie où Hidayat Heydarov, ne se présentait pas. En -81kg, l’Azerbaidjanais Omar Rajabli s’impose au Russe Abdul-Kerim Tasuev, deuxième au Grand Chelem d’Abou Dhabi 2025, en ne-waza. La spécialité de ce jeune combattant azerbaïdjanais, troisième à Paris en 2024.
Chez les féminines, la Japonaise Narumi Tanioka, en -63kg, apporte la troisième médaille d’or au Japon en battant Catherine Beauchemin-Pinard… au sol. Le thème de la journée avec trois finales sur quatre remportées en ne-waza !


