Audrey Tcheuméo, en or ce dimanche après sa cinquième place à Paris.
Crédit photo : Tamara Kulumbegashvili/IJF

Et de dix pour Audrey Tcheuméo. Ce dimanche, la double médaillée olympique en individuel à Londres puis Rio s’offre son dixième titre en Grand Chelem, cet après-midi à Tbilissi. Une victoire sans même avoir à disputer la finale puisqu’Alina Boehm ne se présentait pas. Une journée à sa main pour la nouvelle licenciée du C’Chartres Judo qui nous gratifiait de ce qu’elle sait faire de mieux avec un o-soto-gari surpuissant sur la pourtant puissante ukrainienne Yuliia Kurchenko, tête de série n°5. En demi-finale, elle ne pliait et finissait même par trouver la solution face à la tête de série n° 1, la Slovène Metka Lobnik — n° 5 mondiale — sur un ko-soto-gari au golden score sur lequel les superviseurs annonçaient yuko.
Suffisant pour être titulaire aux championnats d’Europe, ici même en Géorgie ? Sans doute pas. En effet, Kaila Issoufi, 24 ans et actuelle n°9 mondiale surfe depuis plusieurs mois sur une vague de très bons résultats qui a culminé avec sa victoire au Grand Chelem de Tashkent ponctuée d’une victoire en finale sur la vice-championne du monde allemande 2025, Anna-Monta Olek. Issoufi tient la corde pour la place en -78kg. Mais la catégorie pourrait-elle alors être doublée ? Peu probable. Les +78kg partent avec une longueur d’avance. D’autant plus après la nouvelle médaille d’argent de Léa Fontaine (Sainte-Geneviève Sports Judo). En bronze à Paris, elle monte pour la seconde fois consécutive sur la deuxième marche d’un Grand Chelem, après celle de Tashkent mi-février. En Ouzbékistan, c’est Akira Sone qui l’avait dominée pour la gagne. Aujourd’hui, c’est Raz Hershko qui force la décision sur un o-soto-otoshi à gauche pour ippon à cinquante secondes de la fin, alors que la Génovéfaine menait d’un waza-ari grâce à son uchi-mata. Hershko qui, d’ailleurs, donna l’impression pendant plusieurs secondes de ne pas croire à sa victoire. Pour la Française, de la déception, c’est certain, mais également la preuve d’une belle régularité puisqu’elle affermit sa place de n°2 tricolore : sur l’année écoulée, Fontaine n’a pas trouvé le chemin du podium qu’une seule et unique fois : c’était au Grand Chelem d’Abou Dhabi, fin octobre.
Dans la même catégorie, la jeune Celia Cancan (Judo 83 Toulon), junior troisième année, subit en demi-finale la liaison sode-turi-komi-goshi/ura-gatame de Hershko. Mais pour le bronze, la championne d’Europe et du monde juniors 2025 prend le temps, chercher patiemment la solution face à l’Italienne Erica Simonetti avant de la trouver sur un ude-garami. On le sait, la France ne manque pas de ressources ni de talents en +78kg.
La seconde catégorie qui tient la corde sera sans doute les -57kg. Outre une Sarah-Léonie Cysique incontestable, le bronze de Martha Fawaz vendredi – elle qui avait remporté le même métal en Autriche lors du Grand Prix pour son retour sur le circuit après plusieurs mois d’absence – pourrait plaider pour cela, d’autant que Fawaz était médaillée, l’année dernière, lors des championnats d’Europe.
Chez les masculins, aucune victoire à se mettre sous la dent ce dimanche même si le uchi-mata de Khamzat Saparbaev (Arts martiaux Saint-Gratien) face à Saba Inaneishvili valait presque un ippon. Une joli mouvement que le +100kg allait gâcher avec une défaite en ne-waza suite à une tentative de yoko-tomoe-nage totalement ratée sur laquelle le Géorgien faisait le tour pour immobiliser le Tricolore. De victoire il n’y en aura d’ailleurs eu qu’une, en tout et pour tout, pour les engagés masculins tricolores sur cette compétition : celle de Louis Pestelard contre le Géorgien Giorgi Chankseliani, en -60kg. Maigre.

Une dernière journée où la Géorgie emporte deux des trois catégories masculines grâce à Luka Maisuradze en -90kg et Irakli Demetriashvili en +100kg. En -100kg, La Russie fait la loi avec une finale entre ses deux représentants. C’est Idar Bifov, sur un uki-waza, qui s’impose à Niiaz Bilalov. Bifov, 22 ans, un ne-waza monstrueux et qui, fait rare, n’a jamais eu de carrière internationale chez les juniors. Débarqué chez les seniors, il signe ici son premier succès en Grand Chelem pour sa quatrième tentative, lui qui gagna l’argent à Abou Dhabi en octobre dernier. Un succès qui met la Russie à deux titres, tout comme la France (avec Pont et Tcheuméo) et la Géorgie ! Mais c’est Israël qui tire les marrons du feu avec trois succès : Ashpiz en -60kg, Nelson-Levy en -57kg et Hershko en +78kg.

Un tournoi de Tbilissi qui clôt la séquence des Grands Chelems du début d’année avant que tout le gotha du Vieux Continent se retrouve ici même dans trois semaines pour le championnat continental.