Romain Valadier-Picard signe un deuxième succès ici à Upper, après 2024.
Crédit photo : Gabriela Sabau/IJF

On l’avait laissé frustré, battu au premier tour à Paris par le Coréen Lee Harim. Un client d’entrée pour le vice-champion du monde 2025 qui l’avait stoppé d’entrée. Ce vendredi, Romain Valadier-Picard (ACBB Judo) s’est remis dans la bonne trajectoire, s’est réaligné avec son statut et son niveau intrinsèque. Cinq combats, sept valeurs marquées, une rencontre gagnée aux pénalités et deux yuko subis. En finale, l’ACBB Boy s’impose, lui, la tête de série n° 1, face à la tête de série n° 3, l’Ukrainien Dilshot Khalmatov. Un premier yuko sur son tai-otoshi, un waza-ari sur morote-seoi-nage. Le yuko sur ko-soto-gake à gauche de l’Ukrainien ne changeait rien. Une victoire d’autant plus intéressante que le Français restait sur deux défaites face à l’Ukrainien : à Paris en 2024 et aux championnats d’Europe de Montpellier en 2023.
Ironie de l’histoire, le premier duel entre les deux combattants avait eu lieu… ici même, à Upper, et en finale ! Pour une victoire de Valadier-Picard. Les deux victoires en Grand Prix du Boulonnais sont donc en terre autrichienne.

L’autre médaille française sanctionne un retour réussi. Celui de Martha Fawaz (US Orléans Loiret), médaillée de bronze européenne 2025, mais qui s’était blessée sur un étranglement aux championnats du monde de juin dernier à Budapest. Plusieurs mois d’arrêt pour la médaillée d’or du Grand Chelem de Paris 2024, qui ne s’incline aujourd’hui qu’aux pénalités face à la Japonaise Moa Ono, en demi-finale. Pour monter sur le podium, l’Orléanaise bat la tête de série n° 3, la Brésilienne Jessica Lima — qui avait battu Chloé Devictor (FLAM 91) en éliminatoire —, sur un o-soto-gari rageur au golden score. Du pur bonheur pour Fawaz.
En -52kg, Alyssia Poulange (SO2J Saint-Ouen), junior troisième année, finit cinquième en -52kg. La Française perd aux pénalités en demi-finale contre la Hongroise Roza Gyertyas, médaillée mondiale de bronze en 2025, puis contre la Brésilienne Gabriela Conceiçao pour le bronze après un yuko pris après dix secondes. Une judoka auriverde de 24 ans et 22e mondiale, qui aura dominé les deux Françaises du jour, puisqu’elle disposait de la championne de France 2025, Pauline Cuq (DAN 79) lors du combat de repêchage, avec un premier waza-ari sur un contre du morote-seoi-nage inversé de la jeune Tricolore et sur un eri-seoi-nage qui faisait se lever l’inusable coach brésilienne Rosicleia Campos.

L’autre fait majeur du jour tient dans le carton plein des Japonaises. Trois catégories, trois victoires, dont une finale 100 % nipponne en -57kg. Qui dit mieux ? Le nom à retenir : celui d’Iroha Oi, 18 ans, junior deuxième année, qui remporte son deuxième Grand Prix d’Autriche consécutif. L’année dernière, elle avait dominé Distria Krasniqi herself ! Championne du monde cadette et junior 2024, cette combattante du très fort lycée de Hieizan, cette gauchère place un ko-uchi-gari très sec à Gyertyas en finale. En -48kg, c’est Mitsuki Kondo qui va chercher l’or à 21 ans. Une combattante qui avait déjà fini sur la première marche l’année dernière à Paris et à Oulan-Bator !
En -57kg, enfin, succès de Moa Ono, 22 ans, deuxième il y a un an à Tashkent, sa dernière sortie internationale. Un sode-guruma sur sa compatriote Ayami Takano et le tour était joué. Un staff japonais à la planification claire : une large revue d’effectif, deux équipes très fortes sur les deux premiers Grands Chelems de l’année – mais sans certaines n°1 -, une équipe très jeune sur le Grand Prix d’Autriche. Pour, pour l’instant, des résultats aussi constants que probants.
Dernière catégorie du jour, les -66kg voient l’Azerbaidjanais Ruslan Pashayev s’impose sur un magnifique de-ashi-barai face au Brésilien Ronald Lima. Une très belle inspiration.