Goki Tajima, vainqueur ce dimanche.
Crédit photo : Fédération japonaise de judo (AJJF)

C’est une édition particulièrement excitante que le Zen Nihon 2026 a offert aux spectateurs, même si les trois niveaux de tribunes du Budokan n’affichaient pas complet.
Une édition 2026 marquée par deux faits majeurs : un changement de date et une finale inédite.
Normalement organisé tous les 29 avril, jour férié au Japon appelé « Showa Day » car il marque la date de naissance de l’empereur Hirohito, la compétition s’est tenue exceptionnellement le dimanche 26 avril. Un avancement de date lié justement à l’ère Showa puisque cette année 2026 marque les cent ans de celle-ci. Conséquemment, une cérémonie sera organisée le 29 avril (demain donc) au Budokan, provoquant du coup le décalage du Zen Nihon.

Un Zen Nihon qui, s’il ne voyait pas Hifumi Abe participer comme cela avait été le cas l’année dernière (et qui peut expliquer en partie l’influence moindre qu’en 2025), comptait tout de même des judokas de premier plan, y compris parmi les catégories légères : Ryuju Nagayama, Takeshi Takeoka, les deux champions du monde en titre des -60kg et -66kg, Takeshi Sasaki, victorieux du Grand Chelem de Paris 2021 en -81kg. Chez les mi-lourds, les deux -90kg le soyeux Sanshiro Murao, champion du monde en titre et l’explosif Goki Tajima, champion du monde 2024 et vice-champion du monde 2025, tous deux sélectionnés pour les Mondes de Bakou en octobre, étaient également de la partie. Enfin, Dota Arai, le prodige des -100kg, vice-champion du monde 2025 et vainqueur à Paris début février alors qu’il n’a que vingt-deux ans.

Un événement, et c’est le second fait majeur, qui a été dominé par les mi-lourds. Ils sont trois des quatre demi-finalistes, avant une finale 100% -90kg entre Sanshiro Murao et Goki Tajima. Ces deux-là ne se quittent plus, après leur finale mondiale 2025 à Budapest !
Un événement rarissime puisque la présence en finale d’un -90kg relevait déjà de l’exploit. Le dernier judoka de cette catégorie à avoir atteint le combat pour le titre ? Hirotaka Kato, en 2012.
Plus incroyable encore, la dernière finale entre deux combattants poids moyens remonte, elle, à 1969 entre Takeshi Matsusaka (88kg) et la légende Isao Okano (79kg).
Une statistique qui montre combien le dernier duel de ce Zen Nihon 2026 restera, quoiqu’il arrive, dans l’histoire.

Un ultime combat avec un temps réglementaire de huit minutes – les règles d’arbitrage et la formule de compétition sont identiques à la saison dernière – entre les deux meilleurs -90kg nippons : Murao, passé par Tokai et maintenant au sein de l’équipe du JES (Japan Elevator Service) et Tajima, étudiant à Tsukuba et membre de la très puissante équipe de Park 24.
Lors des éliminatoires, le premier bat Dota Arai, lui aussi de Tokai (il est en quatrième année), en demi-finale :  un o-soto-makikomi en contre pour ouvrir les hostilités avant un ippon sur un ashi-guruma sublime ! Un Murao extrêmement impressionnant puisqu’il avait battu Hisayoshi Harasawa, vice-champion olympique à Rio et cinquième à Tokyo en +100kg en quart de finale sur uchi-mata. Beaucoup en faisaient à juste titre le favori de cette finale. Reste que Tajima, et ses mouvements d’épaule debout, battait en demie Hyoga Ôta, deuxième aux Grands Chelems de Tokyo et Paris cette saison, aux drapeaux (deux à un). En quart de finale, ce même Tajima dominait un autre +100kg, Kazuya Sato, là aussi aux drapeaux (trois à zéro).

Le combat pour la victoire se montrait plutôt fermé avant, à douze secondes de la fin, et alors que tout le monde pensait que tout allait se décider aux drapeaux, un sumi-gaeshi dans le temps à droite de Tajima déroulait lentement mais parfaitement Murao sur le dos. Waza-ari ! Le piège parfait se refermer sur le vice-champion olympique de Paris. Tajima s’était-il inspiré de qu’il avait vu des multiples combats (dont plusieurs finales) entre Murao et le Géorgien Lasha Bekauri, bête noire du champion du monde en titre ?
Murao se relevait KO debout. Tajima, lui, avait parfaitement senti le coup.

Tous les combats de ce Zen Nihon à retrouver ici sur le site de notre confrère E-Judohttps://lite.ejudo.info/english/20843/

Pour regarder en intégralité le Zen Nihon 2026, c’est ici :