
Crédit photo : Emanuele Di Feliciantonio/IJF
Venue à six masculins, l’équipe de Moldavie confirme sur ce deuxième d’un Grand Prix de Lima sans grand éclat pour l’instant qu’elle n’a fait ce très long périple pour rien.
Après les deux médailles en -66kg hier — l’or pour Izvoreanu, l’argent pour Vieru —, la petite République coincée entre la Roumanie et l’Ukraine ajoute deux nouveaux podiums hier, dont un nouveau titre en -73kg pour l’énorme surprise Vlad Mitru !
Non tête de série hier, 22 ans et seulement 72e mondial, mais un samedi phénoménal, puisqu’il bat consécutivement le Marocain Hassan Doukkali, n° 25 mondial, le Brésilien Daniel Cargnin, n° 3 mondial, vice-champion du monde 2025 et récent champion panaméricain sur un arraché de face à quinze secondes de la fin, et l’Américain Jack Yonezuka, n° 5 mondial, en argent au Grand Chelem d’Oulan-Bator et aux championnats panaméricains — battu par Cargnin donc — en 2026 sur un sumi-gaeshi lancé à ras du sol et au ralenti, mais suffisamment puissant et bien contrôlé pour mettre l’Américain sur le dos !
Tout en puissance, ce droitier longiligne surprend tout son monde pour sa première médaille sur le circuit FIJ. Et elle est en or. Cinquième au Grand Chelem d’Astana début mai, Mitru n’avait avant cela à son palmarès 2026 qu’une médaille d’argent en Open européen et une cinquième place au Grand Chelem d’Astana début mai.
En -81kg, Petru Pelivan, de son côté, va chercher le bronze. Tête de série n° 4, le n° 22 mondial ne perd qu’un combat, en demi-finale, contre le Canadien François Gauthier-Drapeau.
Six engagés, quatre médailles dont deux d’or, l’équipe moldave aura réussi son Grand Prix. Pas d’engagés ce dimanche pour cette nation encore deuxième au classement des médailles, après deux jours de compétition, derrière l’armada brésilienne.
La Seleçao, qui y va de son titre quotidien avec David Lima en -81kg, vingt-huit ans déjà et quarante cinquième mondial. En finale, un minuscule yuko contre le Canadien Gauthier Drapeau sur un contre vers l’arrière sans qu’on sache vraiment nommer la technique permet au n° 2 brésilien à la ranking-list mondiale et sur le circuit mondial depuis 2018 de s’offrir son premier titre à l’international. Pas de médaille ni pour Cargnin, battu superbement par son compatriote Guilherme De Oliveira sur o-uchi-gari, ni pour Rafaela Silva, favorite en -63kg, mais disqualifiée en demi-finale sur un waki-gatame.
Les deux titres féminins du jour en -63kg et -70kg ? Ils vont, pour la première catégorie, autour du cou de la Japonaise Seiko Watanabe, 27 ans, 99e mondiale, deuxième à Tokyo en 2022, 3ème à Douchanbé début mai 2025, mais plus sortie depuis ! Une Nipponne pas vraiment ultra-dominante avec trois succès d’un yuko, dont sa finale et sa demie, mais des ashi-waza à gauche — o-soto-gari et ko-uchi-gari — qui projettent et vont lui permettre de gagner plus de soixante places à la ranking-list mondiale.
Pour la seconde, c’est l’Allemande Dena Pohl, 26 ans, 23e mondiale, déjà deux médailles en Grand Prix, qui fait jouer la puissance de sa hanche gauche, battant sur une esquive et une relance la Brésilienne Nauana Silva pour l’or — waza-ari — avant un uchi-mata pour un yuko. Le tour était joué pour la n° 2 allemande de la catégorie, encore loin de Miriam Butkereit, vice-championne olympique 2024, victorieuse du Grand Chelem de Tashkent et en argent à celui d’Astana cette année.
Et nos Français dans tout cela ? Encore une journée vierge. Certes, il n’y avait que trois engagés masculins : Maxime Gobert (OJ Nice) en -73kg, qui terminera septième, battu par Cargnin en quart de finale après un combat sans avoir été dominé, et Lucas Otmane (OJ Nice) et Noah Boué (PSG Judo) en -81kg.
Otmane se faisait piquer au sol par l’Espagnol José Maria Mendiola Izquieta lors de son entrée en lice. Boué, de son côté, découvrait le circuit FIJ. Junior deuxième année, invaincu pour l’instant cette saison — il a gagné les championnats de France juniors individuels, tous ses combats sur les championnats de France seniors et juniors par équipes et la coupe d’Europe juniors de Berlin — il s’impose à l’Argentin Ivan Duarte alors que ce dernier l’avait surprise d’entrée sur un fort de-ashi-barai compté yuko. Un ko-soto-gake bien suivi au sol et le jeune Français s’en sortait. Mais au tour suivant sur l’Américain John Silot. Une attaque en ko-uchi-gari — avec le pied gauche au niveau du creux poplité du genou gauche de son adversaire —, statique et lente qui permettait à Silot de pivoter comme une toupie pour envoyer le Tricolore sur le dos. Waza-ari. Une valeur que Boué n’arrivera pas à remonter.
Toujours zéro médaille pour la France ce dimanche matin.


