L’Équipe de France au sommet de ces championnats d’Europe.
Crédit photo : Kostadin Andonov/UEJ

La victoire, hier, lors de l’épreuve par équipes dans une finale aux couteaux contre la Russie ne fit que sublimer une semaine insolente de réussite pour les Bleuets des équipes de Nicolas Mossion et Pénélope Bonna.
En effet, cette édition va faire date : douze médailles, c’est tout simplement un record historique pour les juniors français. La bande à Poulange et Nzuzi Diasivi battent, à peine un an plus tard, le précédent record établi l’année dernière à Bratislava par les Ray, Dijol, Mazzarino et Cancan qui, eux, avaient obtenu dix médailles. En clair, la France vient de battre sur deux années consécutives le nombre de podiums obtenus sur cet événement continental !
La France qui termine première nation avec quatre titres : trois féminins pour Alyssia Poulange (SO2J Saint-Ouen) en -52kg, invincible avec son ne-waza, Chloé Jean (PSG Judo) en -70kg, remarquable d’abnégation et Léonie Minkada-Caquineau (PSG Judo) en +78kg, aussi sereine que sérieuse.
Chez les masculins, finale 100% française en +100kg. Si l’année dernière, Mathéo Akiana Mongo (FLAM 91) avait battu Kevin Nzuzi Diasivi (PSG Judo) pour le bronze, avant-hier, c’est le Parisien qui place son ippon-seoi-nage pour s’adjuger le titre. Quatre titres ? Il faut remonter à 2006 – tout est affaire de dizaine avec cette édition – et aux médailles d’or de la génération menée par Teddy Riner (qui, elle aussi, avait fini première nation). Statiquement, la génération s’inscrit donc dans une glorieuse lignée.

Autre angle de vue qui rend cette performance remarquable et positive : l’âge des médaillés. Chez les nouveaux champions d’Europe tricolores, seule Alyssia Poulange est junior troisième. Kevin Nzuzi Diasivi et Léonie Minkada-Caquineau sont juniors deuxième année alors que Chloé Jean est seulement première année !
Les autres français médaillés ? Trois sont dans leur dernière année juniors : Alicia Marques (PSG Judo, bronze en -52kg), Lucien Tixier (AS Montferrand, argent en -60kg) et Mathéo Akiana Mongo (argent en +100kg). Trois sont dans leur deuxième année : Clarisse Carillon (PSG Judo, bronze en -57kg), Noah Boué (PSG Judo, bronze en -81kg) et Gaya Sonntag (Olympic Judo Nice, bronze en -100kg). Enfin, Céline Iddir (CO Sartrouville, argent en -48kg) et Lucie Rullier (Sainte-Geneviève Sports Judo, bronze en -78kg) sont, elles, de la même année que Chloé Jean.
Conclusion : huit des douze médaillés, donc les deux tiers seront encore juniors en 2027, avec des championnats d’Europe qui auront lieu en Géorgie. De belles perspectives s’annoncent donc.

Dernier point concernant ce groupe : il faut noter que nombre d’entre eux ne font, finalement, que poursuivre une dynamique initiée chez les cadets. Chez les féminines, Alyssia Marques et Léonie Minkada-Caquineau devenaient championnes d’Europe cadets il y a trois ans ! Alicia Marques, elle, se parait de bronze, tout comme Mathéo Akiana-Mongo. La même année 2023, le +100kg du FLAM 91 devenait vice-champion du monde, tout comme Alyssia Poulange. En 2024, Clarisse Carillon remportait le bronze européen (en -52kg) tout comme Gaya Sonntag (en -90kg), alors que Léonie Minkada-Caquineau finissait en argent. Aux championnats du monde de la même année, Noah Boué (en -73kg), Gaya Sonntag, Kevin Nzuzi Diasivi montaient sur la troisième marche du podium, alors que Minkada-Caquineau terminait vice-championne du monde. Lucie Rullier, elle, touchait les étoiles avec le titre mondial en -70kg.
Enfin, Chloé Jean garde ses excellentes habitudes. Appréciant les podiums internationaux, la néo-Parisienne s’offre son troisième d’affilé après le bronze aux Europes et aux Mondes cadets 2025.
Une génération, un groupe, un collectif qui se construisent dans la performance.
Toutefois, attention à ne pas s’enflammer, car ce sont les championnats du monde qui joueront le rôle de révélateur. L’année dernière, la France avait remporté cinq médailles, dont un titre. Une seule d’entre elles était masculine, pour un cinquième rang final. Il serait intéressant d’analyser la place du continent européen face, en particulier à l’Asie et à ses pays émergents.
Le Vieux Continent tient-il encore solidement le manche, malgré un Japon ultra-dominateur ? Ou la poussée des pays d’Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan), visible depuis plusieurs années, va-t-elle faire basculer le centre de gravité du judo dans cette catégorie d’âge ? L’Esprit du Judo sera aux premières loges, fin novembre à Tashkent, pour vous le raconter.