L’équipe de France en pleine évolution

Féminines


-48 kg : CLEMENT Mélanie (Sporting Marnaval)

Malgré un échec au championnat d’Europe, la combattante indépendante de Marnaval qui n’avait pas « la carte » parce qu’elle n’était pas tous les jours à l’INSEP, a su gagner sa sélection dos au mur, en se plaçant sur le podium des trois derniers grands tournois auxquels elle a participé, à Dusseldorf, Tbilissi, Ekaterinburg. À 25 ans tout juste, cette double championne de France en titre, qui fut médaillée européenne et mondiale en junior en 2011, va faire son premier championnat du monde senior.

-52 kg : BUCHARD Amandine (RSC Champigny)
Réserve : GNETO Astride (ES Blanc-Mesnil)

Revenue avec détermination et efficacité – finale à Dusseldorf et Tbilissi — quand elle s’est sentie prête dans cette catégorie des -52kg, Amandine Buchard a échoué au championnat d’Europe. Elle est parvenue à dissiper les doutes et à repousser la « réserviste » Astride Gneto en remontant sur le podium du Grand Chelem de Russie (Ekaterinburg). Malgré sa victoire au Grand Chelem d’Abou Dhabi en 2016, Astride Gneto n’a pas su s’imposer avec la même netteté. Mais elle n’a pas perdu beaucoup de combats sur la période et elle n’était pas très loin derrière. 

-57 kg : RECEVEAUX Hélène (US Orléans JJ Loiret)    
-57 kg : GNETO Priscilla (ES Blanc-Mesnil)

Hélène Receveaux avait poussé Automne Pavia dans ses retranchements avant les Jeux de Rio, se hissant à la troisième place mondiale. Celle-ci occupée à pouponner, on attendait que la Dijonnaise (désormais Orléanaise), prenne le pouvoir sur la catégorie. Mais Receveaux a été battue en finale du championnat de France, n’est pas montée sur le podium à Tokyo, a été dominée en finale du tournoi de Paris. Et ce n’est pas elle, finalement, qui tire la carte « gold » au championnat d’Europe, où elle finit en bronze tout de même, sa première médaille continentale senior. Mais Priscilla Gneto, tout juste montée des -52kg après sa prestation ratée aux Jeux, troisième du championnat de France, non classée à Tokyo, troisième à Paris, septième à Dusseldorf, arrivée en outsider au championnat d’Europe à Varsovie, y a finalement remportée une victoire parfaite. Quoi qu’il en soit une double sélection légitime dans une catégorie où la France s’annonce forte.

-63 kg : AGBEGNENOU Clarisse (RSC Champigny)
-63 kg : PINOT Margaux (ES Blanc-Mesnil)

Plus costaud, c’est compliqué. Vice-championne olympique, Clarisse Agbegnenou a montré sa motivation en parvenant en finale à Paris -battue par la championne olympique slovène – avant de gagner en Allemagne. Elle ne fait pas de médaille à Varsovie lors du championnat d’Europe, blessée sur son parcours,  mais emporte le Grand Chelem de Russie. Depuis 2017, Margaux Pinot n’a perdu que contre elle (en Russie) ou contre la championne olympique (en finale à Varsovie). Un duo évident lui aussi. 

-70 kg : GAHIÉ Marie-Eve (FLAM91)

Médaillée mondiale en 2015, l’année du dernier titre de Gévrise Emane, Fanny-Estelle Posvite était attendue pour un relais logique après les Jeux. Mais elle a renoncé à faire le championnat de France dans cette catégorie, laissant Marie-Eve Gahié s’installer au sommet de la hiérarchie nationale. Elle n’a ensuite jamais réussi à marquer les tournois de son empreinte, échouant à monter sur le podium à Tokyo, Paris, Ekaterinburg. La néo-championne de France, championne d’Europe junior encore en 2016 (et médaillée mondiale en 2014) Marie-Eve Gahié, vingt ans, n’a pas laissé passer l’occasion : cinquième à Paris, elle est finaliste en Allemagne avant d’emporter sa première médaille européenne senior à Varsovie. Une passation de pouvoir logique pour cette sélection.

-78 kg : TCHEUMEO Audrey (Villemomble Sports Judo)
Réserve : CAMARA Samah Hawa (Red Star Club Champigny)

Elle était l’une des trois finalistes françaises des Jeux olympiques 2016 et elle a montré sa volonté de poursuivre sur le même registre en gagnant le Grand Chelem de Paris et le championnat d’Europe. Elle est désormais le fer de lance de cette équipe féminine. Seule semonce : son échec en finale de l’Open de Roumanie il y a quelques jours (en lire le récit ici) face à l’Autrichienne Graf, montée des -70kg. Rien de déterminant pour celle qui sera la « fille à abattre » de cette catégorie en août à Budapest.
Dans la cohorte des bonnes combattantes qui suivent dans cette catégorie, entre la blessure de Julie Pierret la championne de France, la petite baisse de régime de Madeleine Malonga (seconde à Dusseldorf et troisième à Tbilissi tout de même), c’est Samah Hawa Camara qui prend la corde avec sa place de trois à Paris et sa finale au Grand Prix de Géorgie. Mais les -78kg françaises ne se montrent pas assez régulières pour prendre le dessus sur les n°2 en -57kg et en -63kg.

+78 kg : ANDEOL Emilie (Red Star Club Champigny)

Emilie Andeol restera à jamais la championne olympique de Rio, celle qui amène le seul titre féminin du judo français à cette occasion, pour faire pièce au titre de Teddy Riner chez les garçons. On se rappelle aussi que ce n’est pas d’hier qu’elle a inauguré un statut officieuse de « sauveuse de la France », comme elle avait su le faire au championnat d’Europe 2015 par exemple, où elle était déjà la seule titrée de nos féminines. Après les Jeux, elle a su accrocher les wagons avec une courageuse médaille de bronze au Grand Chelem de Paris. En revanche, sa sortie à Varsovie pour le championnat d’Europe a été inquiétante, tant sur le plan des moyens dont elle semblait disposer sur le plan physique – elle était handicapée par des douleurs aux genoux – que par un état d’esprit qui transpirait le découragement et l’usure morale. Elle n’est pas ressortie depuis, malgré l’annonce de sa sélection pour l’Open de Bucarest. On sait de quoi elle est capable sur le plan du courage et de la force de travail, mais si on en juge par Varsovie, il lui faudra beaucoup d’abnégation pour remonter la pente et retrouver son statut à Budapest. Si le corps suit, c’est dans ses cordes.

Masculins

-60 kg : KHYAR Walide (FLAM91)
-60 kg : REVOL Cédric (AC Boulogne Billancourt)
Réserve : LIMARE Vincent (JC Maisons-Alfort)    

De tous les jeunes qui ont eu leur chance depuis le championnat de France – qu’il avait terminé pour sa part à la troisième place – Cédric Revol est l’un de ceux qui aura le plus donné de signes positifs aux yeux de l’encadrement français, battant notamment l’Arménien Davtyan au championnat d’Europe, et emportant finalement le morceau avec la médaille de bronze au Grand Chelem de Russie, qui marquait une vraie étape dans sa montée en puissance. Il laisse derrière lui le champion de France Vincent Manquest, qui était bien mieux placé à la fin de l’année 2016 avec notamment sa victoire au Grand Prix de Zagreb, mais qui s’est essoufflé en 2017. Cette jeune génération n’a cependant pas balayé le souvenir de la bataille pour les Jeux entre Khyar et Limare. Si Vincent Limare n’a pas convaincu en 2017 après sa septième place à Paris et sa troisième place à l’Open de Rome, le formidable vainqueur du championnat d’Europe 2016, Walide Khyar, reprend tout naturellement sa place en leader pour aller retrouver, après son échec aux Jeux et l’opération qu’il a subi à la cheville, la dynamique qui l’avait amené au sommet du continent. Revol comme Khyar feront leur premier championnat du monde. 

-66 kg : LE BLOUCH Kilian (FLAM91)

Beaucoup d’essais dans cette catégorie depuis les Jeux, rien de probant à l’arrivée. C’est donc là aussi le retour naturel de celui qui avait gagné sa place aux Jeux in-extremis après la suspension de Loic Korval. Kilian Le Blouch a montré en 2016 sa capacité à lutter contre les meilleurs. Il a pris le temps depuis de se faire opérer d’une épaule. Il sera de retour à Budapest dans le registre de l’adversaire qu’on ne veut pas rencontrer. 

-73 kg : DUPRAT Pierre (Levallois Sport Club)
-73 kg : AXUS Benjamin (AJA Paris XX)
Réserve : CHAINE Guillaume (FRA – ES Blanc-Mesnil)

Après les Jeux, Pierre Duprat, déçu de son échec (une défaite d’un shido contre le Russe Iartcev), avait décidé de prendre du champ et d’aller s’entraîner tranquillement au Japon. En son absence, ce n’est pas le champion de France qui a d’abord été le plus en vue, mais Loic Korval, monté de la catégorie inférieure. Malheureusement, après le Grand Chelem de Paris et le championnat d’Europe pour lequel il a été sélectionné, il est apparu clairement que, pour l’instant, l’ancien champion d’Europe et médaillé mondial en -66kg manquait d’impact en -73kg. Pierre Duprat est revenu au bon moment en prouvant par une victoire à l’Open du Maroc et une place de trois àau Grand Chelem de Russie, qu’il était toujours la plus sûre chance de médaille dans cette catégorie. Mais Benjamin Axus le champion de France, troisième lui aussi en Russie, a trouvé la voie de la dernière chance au Grand Chelem de Russie, qui était la dernière occasion de montrer que son style décalé et envahissant était très gênant aussi pour l’élite. Il obtient sa première sélection en senior, directement sur le championnat du monde. 
Malheureux pour ses premiers championnats d’Europe, Guillaume Chaine est en embuscade. Une place qu’il connait bien.

-81 kg : N’DIAYE Pape Doudou (Sucy Judo)

Champion de France et troisième à Paris dans une catégorie désertée, c’est la carte de visite de Pape Doudou N’Diaye. Elle lui a permis d’aller au championnat d’Europe, où il n’est pas parvenu à s’exprimer, elle lui permet de tenter à nouveau sa chance aux championnats du monde. 

-90 kg : CLERGET Axel (AC Sucy Judo)

Axel Clerget n’avait pas été choisi pour les Jeux Olympiques, malgré d’excellents résultats en 2016, déjà (3e au Grand Chelem de Bakou, 1e du Grand Prix d’Almaty, 2e du Grand Chelem d’Abou Dhabi…), il a tellement appuyé sur le champignon depuis – finaliste aux Grand Chelem de Tokyo et de Paris – qu’il est parvenu à effacer l’hypothèse Iddir en -90kg pour encore quelques années, honorant sa sélection au championnat d’Europe par une nouvelle finale. Poursuivi dans le même temps par le sort, il vient de se faire opérer de l’appendicite, mais il reste l’une des plus sûres chances de médaille des masculins français à Budapest.

-100 kg : MARET Cyrille (AC Boulogne-Billancourt)

Médaillé olympique, finaliste du Grand Chelem de Paris et du championnat d’Europe, Cyrille Maret est le patron de l’équipe de France en l’absence de Teddy Riner. Ni le nouveau-venu dans cette catégorie, le champion de France Alexandre Iddir, vainqueur de l’Open du Maroc et cinquième à Ekaterinburg, ni Clément Delvert, vainqueur de l’Open de Bucarest, ne convainquent assez pour déboulonner les n°2 en -60kg et en -73kg.  

+100 kg : RINER Teddy (Levallois Sport Club)

Who else ? Qui d’autre que le champion olympique et multiple champion du monde en titre Teddy Riner ?