
Crédit photo : Emanuele Di Feliciantonio/IJF, Jean
Première journée de ce Grand Chelem hongrois, dernier tournoi du circuit FIJ avant les championnats du monde de Bakou. Un vendredi où le très régulier Enzo Jean, passé de l’US Orléans Loiret JJJ au PSG Judo cet été, restera comme l’unique médaillé tricolore. En effet, le -60kg, n°3 français à la ranking-list mondiale arrive jusqu’en finale, non sans avoir failli un coup du sort arbitral ahurissant en quart de finale où le waza-ari donné sur son ko-uchi makikomi à gauche contre le Hongrois Csanad Fecko était inexplicablement annulé par les superviseurs. Une décision totalement déconcertante tant la jurisprudence sur ce type d’action est claire. Heureusement, la justice était rendue avec un troisième shido contre le judoka magyar. La Hongrie dont le Tricolore, trois fois au pied du podium entre les Grands Prix du Mexique et de Chine, et le Grand Chelem du Kazakhstan depuis un an, allait battre un autre représentant en demie, Marton Andrasi, grâce à son eri-seoi-nage à vingt secondes de la fin. Voilà donc le Parisien pour la première fois en finale d’un Grand Chelem. Une performance qui allait s’arrêter là suite au ura-nage fort opportuniste du jeune Israélien Izhak Ashpiz, dix-huit ans – il est junior deuxième année – qui profitait de la main gauche loin dans le dos du Français pour sacrifier son corps vers l’arrière.
Deuxième médaille en Grand Chelem pour Jean après le bronze obtenu à Paris en 2025. Avec les points obtenus ce vendredi – et si l’on compte ceux qui lui seront retirés du Grand Prix de Zagreb 2024 – le combattant de 24 ans devrait venir s’intercaler entre Romain Valadier-Picard et Luka Mkheidze à la rankingt-list mondiale.
Un premier jour où la France compte également deux cinquièmes places avec Emma Melis (Sucy Judo) en -57kg et Kelvin Ray (PSG Judo) en -66kg. La première est battue pour le bronze par l’Allemande Seija Ballhaus, n°11 mondiale aux pénalités. Défaite de la même manière pour Ray contre le Japonais Ryusei Seki, deuxième de la Coupe du Kodokan 2025 et dont c’était la première sortie sur le circuit international.
Du côté des étrangers, la très belle dynamique des -48kg russes est à souligner. Après la victoire de Marine Vorobeva au Grand Chelem de Lausanne fin août, les deux combattantes de l’équipe de Sirazhudin Magomedov engagés à Budapest, Sabine Giliazova et Kristina Dudina se retrouvaient en finale. Autre podium pour l’équipe féminine russe, l’argent pour Olga Mukhina. Une combattante de 22 ans, 42e mondiale, en or au Grand Chelem de Douchanbé début mai. Ici, cette jeune judoka qui disparut du circuit jeune entre août 2021 – et sa médaille d’argent aux championnats d’Europe cadets – et mars 2024 avec une participation au Grand Chelem d’Antalya, bat ce vendredi la médaillée mondiale 2025 en bronze, la Brésilienne Shirley Nascimento.
Mais en finale, elle se montre vaillante, mais finalement impuissante à contrer le ne-waza d’une des plus françaises des Japonaises, Haruka Funakubo. Médaillée de bronze olympique à Paris, en France depuis plusieurs mois au sein de l’ACBB, la triple championne du monde juniors participait pour la première depuis les Jeux parisiens à une compétition du circuit international. Un retour non seulement gagnant, mais bluffant avec deux armes efficaces et complémentaires : un ko-soto-gake à droite et un ne-waza toujours aussi démoniaque.
Mais la plus grosse surprise venait d’un Bulgare en -66kg, Boyan Yotov, 21 ans. Un judoka classé au-delà de la quarantième place mondiale, qui comptait à ce jour quatre participations en Grand Chelem pour cette seule année 2026 sans être arrivé à se classer et auxquels il faut ajouter les championnats d’Europe. Pourtant ce vendredi, Yotov se montra irrésistible avec son ura-nage, comme en finale, ou son ippon-seoi-nage/o-soto-gari qu’il fait des deux côtés – parlez-en à Denis Vieru en quart de finale – et qui surprend totalement le Japonais Seki en demi-finale.
Un judo pétillant durant une journée où cinq nations différentes remportent les titres du jour. En effet, dans la dernière catégorie de ce vendredi, c’est l’Espagnole Ayumi Leiva-Sanchez qui s’impose en -52kg.


