Megu Danno s’offre l’or en -63kg.
Crédit photo : Emanuele Di Feliciantonio/IJF

Avec cinq pays victorieux différents hier, ce Grand Chelem de Budapest initiait une course à la première place au classement des médailles qui s’avérait intéressante. Si rien n’est fait, puisqu’il reste encore cinq catégories demain, ce samedi voit le Japon prendre la tête, après ses deux victoires du jour grâce à Megu Danno en -63kg et Yoshito Hojo en -81kg.

Yoshito Hojo, dont la finale mit en lumière deux faits notables de ce Grand Chelem hongrois. Le premier, tient dans la place prise par de très jeunes pousses sur le devant de la scène. Il y eut hier la Polonaise Barbara Twarowska, junior première année, septième aux championnats d’Europe à Podgorica, mais argent ce vendredi en -52kg. L’Israélien Izhak Asphiz, junior deuxième année et vainqueur en -60kg. Un combattant extrêmement précoce et plus habitué que les autres noms cités aux podiums seniors puisqu’il était déjà en bronze à Paris début février. Aujourd’hui, ce fut au tour du Suédois Narek Vardanian, junior deuxième année également, non classé aux championnats d’Europe la semaine dernière, mais en argent, ici, à Budapest, après avoir battu la tête de série n°1, l’Américain Jack Yonezuka, au deuxième tour. Mais également à celui du Serbe Mihajlo Simin. Seulement vingt et un ans, médaillé de bronze aux championnats d’Europe mi-avril, champion d’Europe et médaillé de bronze mondial chez les juniors l’année dernière et qui trace son chemin jusqu’en finale des -81kg, où il n’est battu que par Hojo, ancien étudiant de Nichidai de vingt-quatre ans et vainqueur ici de son deuxième Grand Chelem en carrière, lui qui avait fini cinquième à Paris il y a sept mois.

Le second fait notable tient, lui, dans la manière dont Hojo gagne ce second Grand Chelem de sa carrière. Alors que ce Grand Chelem constitue la dernière compétition avant les championnats du monde (qui auront lieu du 4 au 11 octobre à Bakou), cet événement a semble-t-il été choisi pour servir de répétition générale pour le corps arbitral, qui sera sans doute le même, dans moins d’un mois en Azerbaïdjan. Selon nos informations, consignes ont été données lors du briefing ante Grand Chelem par la commission d’arbitrage de la FIJ de sanctionner plus sévèrement le judo négatif : fausses attaques, passivité, blocage et sorties de tapis. Une direction et une clarification que L’Esprit du Judo appelle de ses vœux depuis de nombreux mois. À ce titre, la dernière pénalité donnée à Hojo et Simin pour sortie de tapis – qui n’aurait sans doute pas été sanctionnée encore la semaine dernière – semble attester que l’évolution souhaitée est effectivement appliquée. À surveiller tout de même demain, mais si cette adaptation se confirmait, cela serait alors un paramètre fondamental à prendre en compte en vue de Bakou.

Megu Danno, de son côté, gagne également son deuxième Grand Chelem après Abou Dhabi fin novembre 2025. Une combattante de vingt-cinq ans, 26e mondiale, qui participait à son quatrième Grand Chelem en carrière. Résultat ? Deux médailles d’or, une d’argent et une cinquième place. Pas si mal pour la n°4 nipponne à la ranking-list mondiale : un ko-uchi-gake contre la Slovène Kaja Kajzer Zabkar au golden score et voilà la Japonaise une nouvelle fois sur la plus haute marche.

Les autres catégories du jour sont remportées par deux habitués de ce niveau : l’Azerbaïdjanais Rashid Mammadaliyev en -73kg. Numéro sept mondial, celui-ci conquiert son premier titre sur le circuit FIJ, après deux médailles d’argent et trois de bronze en Grand Chelem. Un succès sur une très jolie combinaison ko-uchi-gari/sode-tsuri-komi-goshi en finale. À noter qu’une nouvelle fois, Hidayat Heydarov, champion olympique en titre de la catégorie, et qui devait combattre en -81kg aujourd’hui, ne s’est pas présenté ce matin.
Chez les -70kg, la Grecque Elisavet Teltsidou fait parler sa puissance avec un ko-soto-gake/tani-otoshi contre la jeune Brésilienne Kaillany Cardoso, vingt-deux ans seulement (et double vice championne du monde juniors en 2022 et 2023), suivi instantanément au sol.

Quatre engagés pour la France ce samedi, uniquement masculins. Une journée sans relief puisque trois étaient battus d’entrée : en -81kg, Arnaud Aregba (US Orléans Loiret JJJ), subissait le o-uchi-gari bien collé du Turc Erman Gurgen, n°100 mondial, puis un sumi-gaeshi à quatre secondes de la fin. La fin de son combat justement, Alpha Djalo s’en souviendra sans aucun doute. Menant avec sérénité de deux yuko contre le Kazakhstanais Doskhan Zholzhaxynov, 21 ans, le Français voyait son adversaire lancer de manière un peu désespérée un sode-tsuri-komi-goshi alors que le gong retentissait. De longues secondes passaient et les superviseurs décidaient  finalement de donner ippon à cette ultime attaque du Kazakhstanais.
En -73kg, Orlando Cazorla (AJA Paris XX) s’inclinait d’entrée contre Mammadaliyev, qui allait donc finalement remporter la compétition derrière. Enfin, Nathan Cadignan (Arts Martiaux Asnières), s’il battait aux pénalités l’autre Azerbaïdjanais de la catégorie, Kamran Sulaymanov, devait abandonner au tour suivant sur le okuri-eri-jime de l’Ouzbek Elbek Tojiev.

Demain, pas d’Aurélien Diesse finalement en -100kg pour cette dernière journée de ce Grand Chelem.