
Crédit photo : Tamara Kulumbegashvili/IJF
Alors que cette troisième journée du Grand Chelem de Douchanbé avançait, la puissance de l’équipe de Russie se faisait sentir et on se disait qu’elle allait, sans doute, tout emporter.
Ce fut en grande partie le cas, puisque l’équipe de Vitali Makarov gagne un titre qui lui permet de finir finalement première nation devant le pays hôte. Une victoire en -90kg grâce à Mansur Lorsanov, 26 ans, déjà vainqueur l’année dernière. Un judoka dont les plus aiguisés des observateurs se souviendront comme l’un des plus farouches adversaires du double champion olympique géorgien Lasha Bekauri, lorsque tous deux étaient juniors. Des combats titanesques, mais une trajectoire différente depuis pour ces deux combattants. Si Lorsanov s’adjuge son quatrième Grand Chelem en carrière, il n’a pour l’instant pas su s’imposer comme n° 1 dans cette catégorie qui se cherche un leader incontestable. En finale il bat le Grec Théodoros Tselidis aux pénalités, comme trois de ses quatre combats du jour. La Russie qui va chercher deux médailles d’argent chez les masculins, en -100kg avec Adam Sangariev et en +100kg via Bislan Katamardov, alors qu’Alexandra Riabchenko en -78kg et Mariia Ivanova en +78kg sont en bronze. Douze médailles pour vingt-deux engagés, le bilan est bon
pour le groupe de Makarov.
Les deux autres vainqueurs masculins du jour ? En -100kg, Le Chinois Fuchun Huang, 24 ans, récent troisième des championnats d’Asie. S’il était tête de série n° 3 ce matin, ce combattant n’avait pour l’instant n’avait pour l’instant à son palmarès qu’une médaille de bronze en Grand Chelem. Et c’était déjà à Douchanbé, l’année dernière. En finale, il écoute et applique le conseil technique de Stéphane Traineau, le patron de l’équipe chinoise, avec un o-uchi-gari parfait sur le Russe Adam Sangariev pour ippon !
En +100kg, vraie surprise avec l’or autour du cou pour le Polonais Jakub Sordyl, 22 ans, 79e mondial, qui bat deux Russes, un Ouzbek et un Azerbaïdjanais dans la journée.
D’entrée, il fait tomber la tête de série n° 4, le Russe, Artem Zolothukin, cinquième à Paris et à Tbilissi avec deux tani-otoshi. En demi-finale il fait craquer à trois secondes de la fin l’Azerbaidjanais Ushangi Kokauri avec un troisième shido pour fausse attaque. Celui-ci était tout simplement à bout ! En finale, c’est le Russe Bislan Katamardov, champion d’Europe et du monde juniors 2025 que ce grand Polonais domptait avec un uki-otoshi suivi en immobilisation ! Une journée folle pour ce judoka dont la performance la plus consistante jusque-là remontait à une médaille d’argent aux championnats d’Europe -23 ans 2025. Avec ce titre et celui de la -70kg Aleksandra Kowaleska, l’équipe polonaise montre qu’elle travaille à étoffer son groupe avec un titre en Grand Chelem après cinq participations. Prometteur.
Chez les féminines, Yelyzaveta Lytvynenko, l’ancienne Ukrainienne devenue émiratie, continue son quasi-sans-faute en -78kg puisqu’après l’argent à Paris début février et le 16 avril dernier à Ordos, en Chine, pour les championnats d’Asie, elle fait jouer sa hanche avec un obi-goshi sur la Néerlandaise Yael Van Heemst en finale. Auparavant, elle avait battu la Russe Riabchenko et l’autre Batave de la catégorie, Marit Kamps, redescendue des +78kg depuis le Grand Chelem parisien il y a trois mois.
Enfin, chez les +78kg, Asya Tavano, comme sa compère Odette Giuffrida, avait décidé d’enchaîner directement après les championnats d’Europe. Tous deux médaillées de bronze à Tbilissi, c’est en or que finissent les deux Transalpines sur ce Grand Chelem tadjik. Ce dimanche, Tavano, n’a besoin que de trois combats pour monter sur la plus haute marche. En finale, elle domine d’un petit yuko la Chinoise Jinesinuer Ayiman — coachée cette fois-ci par Florent Urani —, n° 14 mondial et qui n’avait plus combattu depuis le Grand Prix de Qingdao, fin septembre.
Un seul Français engagé ce dimanche avec Yoan Benezra (ACBB Judo) en -90kg, éliminé d’entrée par le Néerlandais Ian Van Herk.
Prochain rendez-vous dès la semaine prochaine avec le Grand Chelem d’Astana avant une pause d’un mois et demi et le début officiel de la qualification olympique. La mi-olympiade est déjà là !


