
Une rentrée en forme de douche froide. Créé en 1947, le JCRV-GPGE, ses deux cent trente licenciés et ses professeurs (dont Hugo Tchorowski et Tizie Gnamien), ont appris cet été que ses créneaux et la mise à disposition du dojo qu’il occupait depuis sept ans n’étaient pas renouvelés par la nouvelle majorité municipale. Un cauchemar qui débute il y a presque deux mois, comme nous l’explique Stéphanie Masson, la présidente du club : « le 22 juillet dernier, j’ai envoyé un mail de relance au directeur des services des sports de la ville afin d’avoir la confirmation de nos créneaux pour la saison à venir. Ce dernier m’a alors répondu dans la foulée. Une longue réponse où ce dernier nous informe du non-renouvellement de nos créneaux.»
Un courriel que L’Esprit du Judo a pu consulté, qui explique que « s‘agissant plus particulièrement de la pratique du judo, il apparaît aujourd’hui que deux associations exercent une activité identique sur le territoire communal. Cette situation entraîne des difficultés de gestion pour la Ville, tant en matière d’attribution des créneaux horaires que de mise à disposition de locaux, d’espaces de stockage ou encore d’investissements. […] Elle (cette décision, NDLR) résulte d’une réflexion approfondie et de la nécessité d’assurer une gestion plus cohérente, plus équitable et plus durable de nos équipements sportifs, dans l’intérêt général et au bénéfice de l’ensemble des sportifs raincéens.»
Une réponse à laquelle Stéphanie Masson répond : « cette règle d’une seule association par activité semble, d’une part, réservée au judo puisqu’il existe plusieurs associations d’un même sport sur cette rentrée 2026. D’autre part, notre club propose des activités qui ne sont pas au programme de l’autre club de judo (le JC Raincéen, NDLR), par exemple le jujitsu brésilien ou le taïso.»
Démarche a été faite d’échanger avec l’autre club, mais sans résultats. « Nous avons pris contact avec la mairie de Villemomble à la demande de la mairie du Raincy, poursuit la présidente. Mais après sept ans de présence sur la commune du Raincy, 70% de nos licenciés habitent la ville. Pourquoi , alors, Villemomble nous accueillerait-elle ?»
Un refus qui s’inscrit dans une atmosphère où Stéphanie Masson observe « que le maire ne s’était pas déplacé à notre invitation lors de notre fête de fin d’année où étaient présents Joan-Benjamin Gaba et Maxime NGayap Hambou, tous deux médailles olympiques à Paris. De même, aucun stand n’avait été prévu pour notre club lors du salon des associations et l’entrée nous a même été interdite. En effet, la sécurité privée et les policiers municipaux avaient ordre de ne pas laisser entrer les personnes portant un tee-shirt à l’effigie du club. J’ai vivement protesté d’une décision qui me paraissait illégale.»
Combative, Stéphanie Masson ne baisse pas les bras : « nous avons sollicité la région pour savoir si des salles de lycée étaient disponibles et avons contacté des établissements médico-sociaux pour savoir s’ils disposaient de locaux. De même, nous avons sollicité un cabinet d’avocat. Une procédure de référé suspension a été lancée contre la décision de la mairie devant le tribunal administratif de Montreuil. L’audience aura lieu demain.»


