Pas de médaille cette fois pour Bastien Pons en -81kg, battu d’entrée, ni pour Alpha Oumar Djalo, arrêté en tableau par le grand Moldave Petru Pelivan (43e), qui le propulse sur le dos par sumi-gaeshi, et en repêchages par le Brésilien David Lima (79e) sur un ko-uchi-gari à partir du sol. Rien non en -73kg pour Eliot Preve et Maxime Gobert, de retour aux affaires, battus l’un et l’autre au second tour, Maxime Gobert après avoir dominé un jeune Canadien Lowan Lebris, fils de l’ancien international français Jeremy Lebris ! Dans cette catégorie des -73kg c’est le réhabilité russe Danil Lavrentev qui sortait vainqueur d’une finale de prestige, face au roi Basile de retour, non sans avoir été mené une grande partie du combat par l’ancien champion olympique italien sur un joli o-uchi-gari en réaction.
Julie Falgon ne faisait qu’un passage rapide sur le tapis en -63kg, contrée qu’elle était au golden score par la Polonaise Natalia Kropska, 20e mondiale, dans une catégorie finalement remportée par la solide Mongole Enkhriilen Lkhagvatogoo, qui repoussait d’un petit croche-pied la dangereuse Brésilienne Silva vers le bronze.

Lavrentev lave son honneur

Pour le renforcement du classement national au tableau des médailles, tout restait donc dans les mains fiables de la digne Clémence Émé, combattante de la team AJA Paris XX. Deuxième au Grand Prix de Croatie en novembre, troisième à Tashkent en février, troisième à Douchanbe il y a une semaine, elle a bien en main son bâton de pèlerin-combattante. Sobre et pleine de ressources techniques avec ses o-uchi-gari opportuns, ses sode-tsuri-komi-goshi bien placés et ses excellents sasae-tsuri-komi-ashi, elle est aussi solide sur ses appuis, toujours capable de placer un gros contre arrière en ura-nage ou tani-otoshi, efficace sur les mains et posée mentalement. De quoi poser de sérieux problèmes à la cohorte des internationales qui se bousculent au portillon de cette catégorie dense et plutôt homogène. Elle s’échauffait brillamment sur une adversaire de 20 ans lancée dans le grand bain par le rugueux encadrement mongol, sortait ensuite au golden score l’Allemande Scoccimarro, qui fut finaliste des championnats du monde en 2023, sur un ura-nage efficace, plaçait son o-uchi-gari à l’entrée du golden score à l’Italienne Stangherlin, membre du top 10 mondial, et contrôlait la finale contre l’autre Allemande du jour, à laquelle elle refusait le sol son domaine d’expression privilégié, la grande Miriam Butkereit, 5e mondiale à 32 ans, pour lui marquer un yuko suffisant sur un ura-nage lucide. Après deux médailles, Clémence Émé, 29 ans désormais, vient emporter à Astana son premier Grand Chelem, et fait elle aussi, avec discrétion, mais des arguments probants, une offre de service à l’équipe de France. La concurrence se renforce dans presque toutes les catégories. Les places sont chères.