
Crédit photo : Thomas Rouquette/L’Esprit du Judo
Week-end de contraste lors des deux événements par équipes à Villebon. En effet, entre les seniors le vendredi et les cadets ce sont deux exemples d’une équipe construite pour la victoire qu’il nous a été donnée d’observer. Sans prétention d’être exhaustif, on peut relever deux idéaux-types : d’une part, un groupe composé d’au minimum deux combattants (dans une configuration à cinq) jugés, de par leurs qualités, leur niveau, sûr – ou presque – de remporter tous leurs combats. Des points très forts, qui, sauf événement majeur, gagneront tous leurs combats. Ce premier idéal type a été celui choisi par le PSG avec, outre ses internationales, championnes du monde et/ou médaillées olympiques ou en Grand Chelem (Romane Dicko, Marie-Ève Gahié et Faiza Mokdar), l’ajout de deux stars du circuit international, Distria Krasniqi et Rafaela Silva.
Le second idéal-type est celui d’un groupe, sans leaders nationaux ou internationaux, mais dont la caractéristique première tient dans une homogénéité très forte. Une équipe de judokas souvent placés, mais jamais gagnants sur les compétitions références. Une équipe sans faiblesse majeure, composée de combattants pouvant toutefois réaliser une performance, voire un exploit lors d’un combat clé.
Ce second idéal-type c’est celui du DAN 79 et du JC Saverne, vainqueurs de la compétition féminine et masculine chez les cadets et qui ne comptaient dans leur rang, qu’un seul médaillé national chacun.
En finale, les équipes d’Anthony Mortini – récompensé à l’Assemblée générale de la fédération comme meilleur entraîneur 2025 – et de Jean-Noël Back battent deux équipes qui tenaient du premier idéal type, à savoir le JC Chilly-Mazarin Morangis et le SO Givors. En effet, ces deux équipes comptaient chacune deux champions de France dans leurs rangs. Pour Chilly-Mazarin ? Grace Kitutele sacrée en -63kg (en double licence, car elle est du JC Villiers-le-Bel) et Marie Berthelemy, médaillée d’or en +70kg. Ajoutez Oceana Stefanie (licenciée au PSG Judo), médaillée de bronze nationale en -48kg, Lily Rose Labiaux, médaillée nationale de bronze en -52kg et la Tchèque Lucie Cepelakova, victorieuse de la coupe européenne de République tchèque en -57kg et voilà l’équipe essonnienne construite comme une véritable machine de guerre.
Le SO Givors, lui, comptait dans ses rangs Shain Boulemtafes, champion de France en -60kg – et désormais titulaire pour les championnats d’Europe en Espagne – et Malek Mansouri (licencié au JC Vallée Arbent), titré en -66kg.
La finale féminine tournera court avec un score de trois victoires à zéro ! Une configuration totalement inattendue : en +70kg, Maelyne Wandji (licenciée au JC Bocage Bressuirais), médaillée de bronze nationale en +70kg, battait Marie Berthelemy grâce à ses deux attaques fortes : sode-tsuri-komi-goshi et makikomi.
En -48kg, Chloé Plucain (licenciée au JSA Bordeaux), septième en -44kg aux championnats de France, surprenait Oceana Stefanie avec ko-uchi-makikomi parfait ! Déjà deux à zéro pour le DAN 79 ! Mais le JC Chilly-Mazarin disposait encore de trois atouts incontestables.
Arrivaient les -52kg. Lily Rose Labiaux dominait logiquement et copieusement Violette Mazereau. Mais la Chiroquoise, avec son o-tsuri-goshi frisaient deux fois la correctionnelle en plongeant la tête la première. Deux actions à la limite où elle tournait la tête au dernier moment. Pas de hansokumake (il faut que la tête soit dans l’axe du corps pour être sanctionné), deux valeurs marquées, mais de très gros risques pris.
Sur une troisième action, le couperet allait finalement tomber. Hansokumake ! Et voilà le DAN 79 qui réalise une double performance très rare. En effet, le club niortais remporte ces championnats de France sans un seul combat perdu ! Outre cette statistique peut-être inédite, la structure des Deux-Sèvres (un comité qui compte 2.200 licences) prouve son exceptionnelle constance après l’argent en 2024, le bronze en 2023 et une cinquième place l’année dernière.

Crédit photo : Thomas Rouquette/L’Esprit du Judo
Chez les garçons, le déroulé serait exactement inverse avec un succès qui se décidera lors du dernier combat avec le magnifique uchi-mata de Yanis Charles Fogam Kameni en +81kg. Un judoka présent sur les championnats de France individuels en -90kg mais non classé. Pour autant, les observateurs présents au Grand Dôme ce samedi notèrent sa superbe journée. En demi-finale il tient la dragée haute à Azriel Dekenne Diffo, champion de France +90kg et combattant tout le week-end avec l’équipe de l’ESBM Judo. Un judoka lui aussi remarquable, pétri de sensations et du judo plein les mains. La veille, ce dernier avait battu le Suisse Daniel Eich, septième des derniers championnats d’Europe seniors en -100kg ! Si Dekenne Diffo l’emporte finalement aux pénalités contre Fogam Kameni, ce duel fut un des combats les plus intéressants, intenses et indécis de la journée.
Une finale dans laquelle le JC Saverne mena très vite deux zéro grâce à Clément Douma-Benyamina en -55kg et Jules Back en -60kg.
Ce dernier, médaillé de bronze national en -55kg, combattait ce samedi dans la catégorie supérieure et réalise l’exploit de battre Shain Boulemtafes sur un tai-otoshi. Le combat clé !
Derrière, Malek Mansouri assume son rôle de leader en s’imposant avec autorité en -66kg. Derrière Rayan Mansouri étouffe totalement Tsotne Natsvaladze en -73kg. Deux points partout, avant que Charles Fogam Kameni délivre le club du Bas-Rhin.
En bronze chez les féminines, le FLAM 91 et Élite Judo Occitanie. Chez les masculins, l’Olympic Judo Nice et le CPB Rennes.
Soit six équipes sur huit de province. Un résultat en forme de miroir inversé, encore, vis-à-vis des championnats de France seniors avec trois équipes franciliennes sur les quatre du podium.


