Malgré une performance dans la ligne de leur habituelle domination européenne, avec sept médailles, la Russie n’avait pas semblé faire des récents championnats d’Europe 2026 un objectif majeur, laissant de côté des pointures de l’équipe comme le super léger Ayoub Bliev ou le poids lourd Inal Tasoev, ce à quoi s’ajoutait les « suspensions provisoires » pour suspicion de dopage de deux de ses points forts, le -73kg Danil Lavrentev, finalement « désuspendu », et le -100kg Matvey Kanikovskii, qui l’était toujours en revanche, aux dernières nouvelles. La tentation d’aller faire une moisson de points plus aisée et plus abondante sur le Grand Chelem de Dushanbe de de ce week-end, au moment d’ouvrir les compteurs de la course aux points pour la sélection olympique, n’y était sans doute pas pour rien.
On retrouvait en effet au premier jour de ce tournoi le super-léger Ayoub Bliev en première ligne en -60kg, avec une victoire probante grâce à ses excellentes techniques de jambe. Dans la seconde catégorie masculine du jour, les -66kg, pas de médaille d’or russe, mais deux de bronze, pour un médaillé mondial juniors récent, German Koblets, et pour l’ancien champion du monde (2021) Iago Abuladze, 28 ans, qui semble tenter un retour aux affaires après une longue éclipse. L’or était pour l’étonnant numéro deux mondial, le Tadjik Nurali Emomali, finaliste des derniers championnats du monde et champion d’Asie, un homme qui monte à 24 ans, avec ses contres ultra efficaces et ses techniques de jambe lui aussi, et la première satisfaction d’une équipe tadjike en plein renouveau et qui compte bien sonner les trois coups de son arrivée au sommet sur son Grand Chelem.
Mais la Russie emportait un autre titre avec la belle réussite en -57kg de deux filles de club, la n°3 nationale Natalia Elkina, 23 ans, et la n°9, Olga Mukhina, 223e à la ranking, 21 ans. C’est cette dernière qui tirait le meilleur profit de la journée en allant chercher une médaille d’or inattendue dans un contexte assez ouvert où la meilleure combattante présente, la Mongole Ariunzara Terbish, culminait à la 23e place mondiale.

Le club des cinq

C’était une bonne opportunité pour notre représentante, Chloé Devictor (67e), mais elle était justement victime des deux Russes successivement, sur un petit o-uchi en reprise de garde d’Olga, la future médaille d’or, et pour le bronze des grands mouvements de jambe d’Elkina, future 3e.
Personne ne faisait mieux dans la délégation française. La -48kg Mélanie Legoux-Clément se hissait au même niveau avec deux victoires pour sortir en tête de son quart et deux défaites en suivant contre les jeunes combattantes montantes, la Mongole de 19 ans, Anudari Jamsran, 13e mondiale et récente championne d’Asie, et pour la place de trois la Chinoise Wenna Zhuang, 19e mondiale. En -52kg Pauline Cuq était victime d’un eri-tai-otoshi à genoux parfait de la Coréenne Jiyeon Kim (143e), tandis que chez les garçons le -66kg Simon Lesauvage arrachait une victoire à un combattant du crû de 20 ans, ce qui était juste suffisant pour finir classé. La meilleure performance française masculine était à l’actif du Parisien Maxime Merlin, qui prenait deux victoires lui aussi, contre le jeune Polonais Ksawery Ignasiak et en repêchage contre le n°1 tadjik de la catégorie, 17e mondial tout de même, Mehrzod Sufiev, sur une merveille de sasae. Malheureusement l’Ukrainien Artem Lesiuk (dominé par Romain Valadier-Picard au dernier championnat d’Europe) avait pris le dessus sur lui en tableau, et il échouait pour le bronze face à un autre Tadjik, Loiq Kudbudinov, 18 ans et 119e mondial, qui finissait par le sortir sur uchi-mata alors qu’il était parvenu à le fixer sur le dos pendant quatre secondes au golden score. Une occasion manquée pour celui qui était montée sur ce podium de Dushanbe l’année dernière.