Que peuvent avoir en commun un entraîneur olympique, un dirigeant d’entreprise, un cadre de la SNCF, un coach professionnel ou encore un responsable de clinique ? À première vue, pas grand-chose. Pourtant, tous sont confrontés aux mêmes défis : faire progresser des individus, fédérer un collectif, décider sous pression, conduire le changement et maintenir la performance dans la durée.
C’est de ce constat qu’est né l’Executive Master Management & Coaching « Piloter la haute performance », développé par conjointement par l’Université Paris Dauphine-PSL et France Judo à travers la Dojo Academy. Un cursus original qui entend faire dialoguer les mondes du sport de haut niveau, de l’entreprise et des organisations complexes. À l’origine du projet, Christophe Massina, ancien responsable des équipes de France de judo jusqu’aux Jeux de Paris 2024 et co-responsable pédagogique de la formation. Son ambition est claire : dépasser les frontières habituelles entre les univers professionnels pour créer un véritable laboratoire d’expériences. « On croise vraiment au maximum les mondes pour que ça puisse servir à tout le monde », explique Christophe Massina.
La première promotion, lancée en novembre dernier, illustre parfaitement cette volonté. Douze stagiaires s’y côtoient : cadres issus du rugby à XIII, du water-polo ou de la danse, entraîneurs de judo, mais aussi managers d’entreprise, collaborateurs de la SNCF, de la RATP ou encore du groupe Pfizer. Une diversité que Christophe Massina considère comme « l’une des richesses majeures du programme. C’est intéressant dans le mélange des genres. Dès la première promotion, ça fonctionne. Les expériences se confrontent, les regards se croisent et chacun apprend du parcours des autres. »
Loin d’une formation descendante où les participants accumulent simplement des connaissances théoriques, le master repose sur une pédagogie immersive. Pendant trente-neuf jours répartis sur une année, les participants alternent enseignements académiques, mises en situation, travaux collectifs, supervision individualisée et mémoire professionnel. Les thématiques abordées touchent directement aux enjeux contemporains du management : communication, développement du potentiel, négociation, leadership, conduite du changement ou encore prise de décision dans l’incertitude. Parmi les intervenants figurent des profils aussi variés que le chef étoilé Thierry Marx, l’ancien négociateur du GIGN David Corona, le conseiller haute performance Julien Sastre ou encore le colonel Romain Béthoux, ancien leader de la Patrouille de France qui sera le parrain de la deuxième promotion.
Ce qui marque le plus Christophe Massina ? Pas tant la qualité du casting mais l’évolution des participants eux-mêmes. « Ce qui m’a agréablement surpris, c’est de voir comment cette formation au long cours fait bouger les réflexions et les visions. Ce n’est pas simplement de la théorie. Il y a beaucoup de mise en pratique, beaucoup d’échanges qui font évoluer leur manière de se positionner vis-à-vis de leurs équipes ou de leurs athlètes. Au fil des mois, un véritable collectif s’est construit. Les échanges se poursuivent entre les sessions, les réflexions se prolongent au-delà des temps de formation et chacun nourrit sa propre transformation au contact des autres. Pour que ça fonctionne, il ne fallait pas que ce soit une énième formation où l’on fait trois jours avant de rentrer chez soi et de tout oublier. On cherche à maintenir la réflexion entre les sessions et à accompagner chaque participant dans son évolution. »
Cette dimension humaine constitue sans doute l’un des marqueurs les plus forts du programme diplômant Bac+5 de l’une des universités les plus reconnues au monde sur l’innovation en management – dont les bénéficiaires intègrent aussi le réseau Alumni de Paris-Dauphine et la conférence des grandes écoles. Car derrière les outils de management et les méthodes de coaching, l’objectif reste avant tout de mieux comprendre l’humain. « On dit souvent qu’il faut travailler sa communication. Mais pour bien communiquer, il faut d’abord comprendre comment on fonctionne soi-même. La volonté importante du cursus, c’est d’abord de mieux se connaître pour mieux accompagner et mieux communiquer avec les autres. »
Dans un environnement où les frontières entre sport, management et leadership deviennent de plus en plus poreuses, cet Executive Master propose finalement une conviction simple : les mécanismes de la haute performance sont universels. Sur un tatami comme dans une entreprise, les défis sont souvent les mêmes. Les solutions aussi peuvent se nourrir les unes des autres.
La deuxième promotion débutera en novembre 2026 et accueillera quinze participants au maximum. Une taille volontairement réduite pour préserver ce qui semble être devenu la marque de fabrique du programme : l’échange, la confiance et l’accompagnement individualisé.



