La veille, vendredi, c’est la Russie qui avait brillé, ce samedi c’est le Tadjikistan chez lui qui confirme sa montée en puissance. La veille, les trois meilleurs Français, deux filles et un garçon, avaient tous échoué à la cinquième place. Cette fois ils étaient deux à pouvoir se battre pour le bronze et à monter sur le podium.
Pas de Françaises en -63kg, mais l’excellente Clémence Eme, de l’AJA Paris XX (comme Maxime Merlin qui avait combattu la veille et la coachait des tribunes), était là pour défendre ses chances en -70kg, et pour réussir une nouvelle bonne performance après sa troisième place à Tashkent en février. Elle dominait d’abord une combattante russe tout juste membre du top 100 mondial, mais faisait ensuite une erreur fatale au début du golden score – une saisie plus agressive pour en finir, mais qui ouvrait la porte à l’adversaire impuissante jusque là – contre une jeune Polonaise de 21 ans, Aleksandra Kowalewska, 54e mondiale après sa récente victoire à l’Open de Pologne — et bien aidée par un coach de prestige sur la chaise, le grand Pawel Nastula, champion olympique et double champion du monde trente ans plus tôt. Libérée de la Française, cette Polonaise allait jusqu’à l’or, battant au passage une médaillée olympique de Paris, l’Autrichienne Michaela Polleres. Battue mais concentrée, Clémence Eme reprenait son chemin contre l’Allemande Sarah Mhelau et finissait très joliment sa journée avec un maître sasae contre la jeune Slovène Nika Koren, 177e mondiale pour le bronze.
La marche en avant du Tadjikistan
Pas de Français non plus en -73kg pour profiter de la présence de la grosse armada russe : Danil Lavrentev, venu montrer que rien n’avait changé dans son style intimidant debout et au sol, et le puissant Karen Galstian. Ni l’un ni l’autre n’allait au bout pourtant (une médaille de bronze pour le premier, l’argent pour le second) et c’est encore un Tadjik prometteur, à peine sorti des juniors avec le titre mondial 2025, déjà 4e mondial seniors, une finale à Abu Dhabi, un podium à Paris et un titre de champion d’Asie dans son cartable. Le voilà désormais vainqueur de son premier Grand Chelem. Une marche en avant avec une vitesse ou deux en plus pour ce jeune combattant accrocheur.
C’est en revanche l’ancien numéro un français Alpha Oumar Djalo, médaillé européen en 2023 à Montpellier, qui était sur la brèche en -81kg, avec l’idée d’aller chercher une nouvelle médaille en Grand Chelem, comme il y parvenait en 2022 et 2023. Il avait gagné le droit de jouer sa chance en emportant l’Open de Bulgarie en février.
Après un tour de chauffe contre un Tadjik non classé à la ranking, il faisait face à Petru Pelivan, un transfuge récent des -73kg, déjà 50e mondial grâce à son accession en finale du Grand Chelem de Tashkent. Il prenait l’enchaînement favori du Français : ko-uchi / o-uchi-gari, ippon propre à six secondes du terme. Malheureusement Alpha ne résistait pas ensuite au n°7 mondial, le Tadjik Somon Makhmadbekov, médaillé mondial 2024, qui le jetait sur le dos sur un très beau o-uchi-gari en reprise, tout en souplesse. Il fallait conclure par du bronze tout de même et il y parvenait contre un autre Tadjik, Sunatullo Musoev, 22 ans et 65e mondial. Une bonne étape de validée pour le néo-licencié du Pré St Gervais, qui peut encore se battre pour un retour en équipe nationale.
Victorieux en -73kg comme en -81kg aujourd’hui, le Tadjikistan culmine à trois médailles d’or masculines en deux jours. Un bon message envoyé au monde par l’équipe qui a pris sa première médaille mondiale en 2024 et qui en récoltait déjà trois en 2025. On n’a pas fini de parler du Tadjikistan.


