C’est déjà l’un des enseignements majeurs de ces championnats d’Europe cadets. Après 2022 et 2023, la Russie est à nouveau absente pour cette édition 2026. Comme nous l’indiquions dans notre brève sur la première journée, il s’agit bien d’une décision des pouvoirs politiques espagnols et non de la fédération espagnole de judo, comme nous l’explique de manière chronologique et détaillée l’une de ses membres, contacté en fin de journée :
« Permettez-moi d’expliquer la situation, car je pense qu’il y a eu beaucoup de confusion.

La Fédération espagnole de judo a déployé tous les efforts possibles pour permettre aux équipes de Russie et de Biélorussie de participer aux Championnats d’Europe cadets. Dans ce processus, le président, la secrétaire générale, le directeur général et moi-même avons été directement impliqués, en travaillant en étroite coordination avec les autorités publiques compétentes.

Lorsque l’Espagne a signé le contrat pour organiser les Championnats d’Europe, la Russie et la Biélorussie n’étaient autorisées à participer aux compétitions internationales que sous statut neutre. Telle était la situation à ce moment-là et c’est sur cette base que le gouvernement espagnol a autorisé l’organisation de l’événement.

L’Espagne a toujours maintenu une politique de portes ouvertes au sport. Les athlètes, quelle que soit leur nationalité, ont pu participer à nos stages d’entraînement et à nos activités sportives dès lors que la réglementation internationale le permettait. Dans le cas de la Russie et de la Biélorussie, leurs athlètes ont ainsi participé, ces dernières années, à des stages et à différentes activités organisés en Espagne sous le statut de la FIJ ou en qualité d’athlètes neutres. Il est donc important de souligner qu’à aucun moment la Fédération espagnole de judo n’a fait obstacle à leur participation dans ces conditions.

La situation a changé lorsque la FIJ a ouvert la possibilité pour ces deux pays de concourir de nouveau sous leur drapeau et leur hymne nationaux. À ce moment-là, et compte tenu du fait que plusieurs autres pays européens avaient déjà autorisé cette participation, la Fédération espagnole de judo a adressé une demande officielle au ministère espagnol des Affaires étrangères, l’autorité compétente en Espagne pour ce type d’autorisation.

Nous avons expressément demandé que la Russie et la Biélorussie puissent participer sous leur drapeau et leur hymne nationaux. Pour appuyer cette demande, nous avons fourni toute la documentation pertinente disponible, notamment des exemples provenant d’autres pays européens, des communications et orientations de l’Union européenne, ainsi que des lettres officielles de la Fédération internationale de judo. Par ailleurs, nous avons assuré un suivi constant auprès du Conseil supérieur des sports, des ministères concernés, de l’Ambassade d’Espagne en Russie et de tous les canaux institutionnels disponibles.

Sans l’autorisation officielle du ministère, l’Ambassade d’Espagne en Russie ne pouvait pas délivrer les visas pour une participation sous drapeau et hymne nationaux. Il ne s’agissait ni d’un refus de l’Ambassade de délivrer les visas, ni d’un manque de volonté de la Fédération espagnole de judo de faciliter la participation de l’équipe. En réalité, si les athlètes avaient continué à concourir sous statut neutre, la délivrance des visas n’aurait posé aucune difficulté.

C’est pourquoi nous souhaitons réaffirmer qu’à aucun moment la Fédération espagnole de judo n’a empêché ou refusé la participation de l’équipe russe. Bien au contraire, nous avons travaillé jusqu’au tout dernier moment pour rendre sa présence au championnat possible et faciliter sa participation dans le respect du cadre juridique en vigueur. »