Crédit photo : Aurélien Brandenburger / L’Esprit du Judo

– Pensez à rafraîchir régulièrement la page pour mettre votre direct à jour –

Retrouvez les résultats complets des cinq premières journées ici

18h11 -90kg : Et Maisuradze surprit Bekauri
Qui aurait pu prédire ce yoko-wakare après 2’13 de golden score entre les deux combattants géorgiens, Luka Maisuradze d’un côté et Lasha Bekauri de l’autre ? Un combat de titans où Bekauri aura dominé en termes d’initiatives et même de kinza avec un tsuri-goshi pas loin du tout de marquer. Mais Maisuradze aura su ne pas craquer, bien gérer le si puissant bras droit de son compatriote et même se montrer dangereux en contre. Et alors qu’il était mené deux shidos à un, le champion d’Europe en titre plaçait ce mouvement qui surprenait totalement le champion olympique. Si ce dernier ne tombait pas sur le dos, il roulait sur la ligne de hanches, les deux bras tendus au sol. Les supporters géorgiens pouvaient être fous de joie.
Avec ce doublé en -90kg, la Géorgien passe deuxième nation ce soir. 
Sur le podium, le jeune Japonais Sanshiro Murao, un « halfu » (moitié Japonais, moitié Américain). Très fort toute la journée, il n’aura buté que contre Lasha Bekauri, son rival générationnel. Dans le combat pour le bronze, il vient à bout du Cubain Ivan Silva Morales après 2’26 de golden score sur un eri-o-soto-gari. Un combat qui aura tourné à la lutte de kumikata jusqu’au moment où le Cubain, au bout de ses forces, craque. Premier podium mondial pour Murao qui marque de gros points dans la course aux JO et quatrième médaille masculine pour le Japon. 
Le Suédois Marcus Nyman remporte également le bronze. Sa seconde médaille de ce métal après Budapest en 2021. Il bat l’Italien Christian Parlati, vice champion du monde 2022, avec un sasae-tsuri-komi-ashi lancé à 30 secondes de la fin du combat ! Waza-ari puis awasete-dans les toutes dernières secondes sur un contre. Sally Conway, la responsable de l’équipe seniors suédoise, peut avoir le sourire. À trente-deux ans, Nyman entre encore plus dans l’histoire du judo de son pays.

17h30. Iizo iizo* Saki Niizoe !
Numéro une depuis la retraite de Chizuru Arai, championne olympique à Tokyo, Saki Niizoe, passée par l’université de Yamanashi Gakuin (comme Christa Deguchi) vient sans aucun doute de composter son billet pour Paris l’été prochain. En effet, la voilà championne du monde des -70kg ! Une victoire incontestable face à l’Allemande Giovanna Scoccimarro. Si le système d’attaque est simple et lisible, il est également terriblement efficace. Un uchi-mata à gauche que la Japonaise place à son adversaire tout en suivant parfaitement au sol. Un dégagement de jambes plus tard et voilà Niizoe sur le toit du monde, elle qui avait fini en bronze l’année dernière.
Le bronze va à Barbara Matic, victorieuse au golden score sur un uchi-mata à droite et à Michaela Polleres, qui étrangle l’Anglaise Yeats-Brown. Cette dernière tombera d’ailleurs les pommes alors qu’elle tapait juste devant les yeux de l’arbitre mexicaine. Pour l’anecdote c’est le médecin géorgien qui descendra des tribunes pour mettre la Britannique en PLS.

* bravo bravo en japonais
15h50. Ce qui vous attend à 17h
-70kg 
Finale
Giovanna SCOCCIMARRO (GER)/Saki NIIZOE (JPN)
Combats pour le bronze
Kate-Jemima YEATS-BROWN (GBR)/Michaela POLLERES (AUT)
Elvismar RODRIGUEZ (VEN)/Barbara MATIC (CRO)

-90kg
Finale
Lasha BEKAURI (GEO)/Luka MAISURADZE (GEO)
Combats pour le bronze
Sanshiro MURAO (JPN)/Ivan SILVA MORALES (CUB)
Christian PARLATI (ITA)/Marcus NYMAN (SWE)

15h30. -70kg : Yeats-Brown surprend Gahié
Battue par Saki Niizoe en quart de finale, dans quel état d’esprit allait-être la Française ?
Son adversaire, la Britannique Yeats-Brown, troisième au Grand Chelem d’Abou Dhabi 2022 mais sans résultat depuis gênerait-elle la championne du monde 2019 ? Une seule confrontation entre les deux combattantes. Et elle remonte à … octobre 2016 (victoire de Gahié). Une éternité.
La Française débutait bien le combat, dominante à la garde. Mais dès qu’elle tournait le dos, Yeats-Brown s’enclenchait pour passer sa hanche gauche. Des petites alertes avant la grosse prise de risque payante de cette dernière. Alors que les deux judokates se déplacaient de manière circulaire, la Britannique venait dans le dos de Gahié, s’enclenchait en ura-nage, qu’elle arrivait à lancer pour un ippon incontestable. Douche froide pour la Tricolore, septième ce soir.
Dans cette catégorie, la finale sera nippo-allemande entre Saki Niizoe, victorieuse de Barbara Matic sur un ko-soto-gake doublé et marqué à dix secondes de la fin, et Giovanna Scoccimarro qui dompte Michaela Polleres au golden score, sur un o-uchi-gari.

15h15. -90kg : Finale 100% géorgienne
Ce soir, la Géorgie sera quoiqu’il arrive à deux titres grâce à ses -90kg. Lasha Bekauri, champion olympique, et Luka Maisuradze, champion d’Europe s’expliqueront vers 18h pour le titre mondial.
La demi-finale entre Sanshiro Murao et Lasha Bekauri fut incontestablement la plus belle, Murao affirmant son autorité dès le départ avec ses tentatives d’ashi-waza. S’il était mis sous l’étoignoir par les tentacules surpuissantes du Géorgien, il arrivait à dégager son épaule pour lancer un uchi-mata, à l’arrêt, qui marquait ! Mené, Bekauri ne s’affolait et revenait de suite avec un astucieux sumi-gaeshi en confusion. Murao attendait une attaque sur l’avant ? Le Géorgien allait sur l’arrière. Un waza-ari partout. Puis deux waza-ari à un avec un variante un peu confuse de tani-otoshi sur lequel Murao était déroulé sur les épaules. Ce n’est pas passé loin pour le Nippon mais Bekauri ne lâche décidement jamais rien, à aucun moment.

14h10. -70kg : Gahié battue
Quel combat. Le duel entre Marie-Ève Gahié et Saki Niizoe fut âpre, tendu, stressant. Un mano a mano entre deux judokates se connaissant par coeur, toutes deux adeptes d’uchi-mata, l’une à gauche, l’autre à droite. Un bras de fer tactique aussi. Ayant presque toujours sa main gauche à l’intérieur Saki Niizoe devait se méfier des contre de la Tricolore très à l’aise également dans ce domaine. Les plus gros kinza seront toutefois pour Niizoe avec une tentative d’ashi-guruma toute proche de marquer. Le décalage des pénalités était fait tôt dans ce combat qui ira jusqu’au-delà des quatre minutes de golden score avant une troisième pénalité pour Gahié, sanctionnée pour une prise de l’ours directe.
Il faudra vite se remobiliser puisque le combat de repêchages contre la Britannique Katie-Yemima Yeats-Brown arrive très vite.
La premère demi-finale opposera Barbara Matic, double championne du monde en titre à Saki Niizoe.

13h45. -90kg : Murao découpe, Bekauri arrache
Dans ce qui est sûrement la catégorie la plus dense du circuit avec les -100kg chez les masculins, les quarts de finale qui se profilent sentent le soufre : Sanshiro Murao, n°1 mondial, et vainqueur du Masters traverse le Suédois Marcys Nyman avec son o-uchi-gari ken ken, finit en uchi-mata dans les vingt premières secondes. Murao qui retrouvera Lasha Bekauri pour la première demi-finale, explosive, des -90kg. Le Géorgien champion olympique qui bat le Russe Mansur Lorsanov grâce à un harai makikomi.
Auparavant le champion olympique en titre avait placé un obi-tori-gaeshi surpuissant pour satelliser Nemanja Majdov (il n’y aura que waza-ari).

13h40. -70kg : Gahié expéditive.
Face à l’Ouzbek Shokhista Nazarova, Gahié ne traîne pas : un o-uchi-gari suivi en yoko-shihio-gatame le tout dans la première séquence. Le quart de finale est là et il sera contre Saki Niizoe.

12h55. -70kg : Gahié impeccable
En mettant d’entrée de combat de l’impact, Marie-Ève Gahié a annoncé la couleur à l’Equatorienne Celinda Corozo, sans grande référence, 41e mondiale de la catégorie mais difficile à prendre dans son schéma d’attaque systématique sans préparation destiné à ne pas laisser la Française s’installer. Gahié manquait d’un rien le contre sur l’une de ces attaques brouillonnes en première intention et même le juji-gatame dans la foulée d’une longue séquence au sol. Si elle devait être vigilante aux mouvements de hanche et aux makikomi de Corozo, elle devait surtout rester concentrée. Pénalisée pour fausse attaque, l’Equatorienne prenait ensuite la foudre d’un super enchaînement o-uchi-gari/ko-uchi-gari pour waza-ari avant d’être contrée et prise en immobilisation. Impeccable.

12h30. -90kg : NGayap sorti
Cinquième des derniers championnats du monde, Ivan Silva Morale choisissait d’entrée de mettre la pression sur le Français : un « zébulon » à la cubaine qui lançait beaucoup et dans toutes les directions, fixait pour mieux ressortir, que ne parvenait pas à saisir le Français, systématiquement empêché par le rythme et la fréquence des attaques adverses. Mis en danger sur chaque reprise de garde et ne parvenant pas à fixer ce combattant tout en mobilité, Maxime-Gaël NGayap était pénalisé deux fois, manquait aussi de se faire clouer au sol pour le compte par le Cubain qui saisissait chaque opportunité de passage de garde au sol, en bondissant à gauche et à droite. Le Français s’en sortait, pour attaquer un golden score de tous les dangers. Las, dans ce combat extrêmement intense – et très plaisant à voir – où le Cubain Ivan Silva Morales a tenté d’étouffer Maxime-Gaël NGayap, c’est finalement le Français qui était pénalisé une dernière fois après quasiment quatre minutes de golden score alors qu’il semblait trouver un second souffle physiquement. Fin de l’aventure qatarienne pour le jeune -90kg français.

10h30. -90kg : NGayap aux forceps
Retrouvant le Tchèque David Klammert, contre qui il avait perdu son dernier combat à l’international – c’était à Paris en repêchages – Maxime-Gaël NGayap avait donc une petite revanche à prendre. C’est chose faite avec une victoire aux pénalités lors du golden score. Un combat qui avait pourtant bien failli tourner en défaveur du Tricolore, à quinze secondes de la fin. Un ko-soto-gake à gauche très fort du Tchèque et l’arbitre dominicain annonçait waza-ari, heureusement annulé par les superviseurs. Une action chaude qui avait le mérite de revivifier le Français. Un gros o-uchi-gari ken ken pas loin de marquer. Un fort sumi-gaeshi puis une tentative de kata-guruma et voilà la troisième pénalité qui tombait, fort logiquement, contre Klammert. Au prochain tour, du moëlleux et de l’explosif avec le Cubain Ivan Silva Morales.
Dans cette catégorie, élimination logique d’un Mikhail Igolnikov fantomatique. Dommage tant ce judoka peut être fantastique, mettant son impressionnante puissance au service d’un uchi-mata majestueux.  Son compatriote, Mansur Lorsanov, passe lui dans la douleur face au Belge Karel Foubert.
Des Russes, qui depuis le début de cet événement montrent beaucoup de difficultés. La faute sans doute à une préparation dans l’urgence, eux qui ont appris leur participation à peine une semaine avant le début de ces championnats du monde.

09h40. -90kg : Alexis Mathieu à la trappe
Deuxième combat du jour sur le tapis n°1, Alexis Mathieu s’incline dès son entrée en lice face au Néerlandais Jesper Smink sur un ippon-seoi-nage à gauche à douze secondes de la fin. Jusque-là ce premier tour c’était montré équilibré entre les deux judokas. Mathieu s’était montré dangereux sur une tentative d’o-soto-gari alors que Smink cherchait la solution sur ses sutemi lors d’une rencontre sans temps mort et plutôt vivante.

9h30. Pour faire trembler le Japon
Grâce à l’inclassable Clarisse Agbegnenou, l’équipe de France s’est replacée derrière le Japon, qui stagne à trois titres depuis le deuxième jour, avec le fol espoir de pouvoir encore lui damer le pion d’ici samedi. Cela passe nécessairement par de nouvelles médailles, si possible du plus beau métal, ce jeudi, avec trois nouveaux Français sur le pont : Marie-Ève Gahié (-70kg, PSG Judo), Alexis Mathieu (-90kg, PSG Judo) et Maxime-Gaël Ngayap Hambou (-90kg, AM Asnières).

 

Que suggèrent les tableaux de nos Français du jour ?

Tête de série n°5, Marie-Ève Gahié (PSG Judo), championne d’Europe en titre et en argent cette saison au Masters et à Paris, se retrouve dans le deuxième quart de tableau des -70kg, en compagnie de Saki Niizoe. Une Japonaise, médaillée de bronze l’année dernière à Tashkent, sur laquelle la Tricolore reste sur une victoire à Jérusalem. Un duo pour un duel qui devrait se retrouver pour une place en demi-finale. On en salive d’avance ! Mais avant cela, la Parisienne devra attendre pour savoir contre qui elle entame ses sixièmes championnats du monde. L’Équatorienne Celinda Corozo, 41e mondiale et dont le dernier podium remonte à une victoire lors de l’open de Colombie fin septembre dernier ? Ou la Tunisienne Nihel Landolsi, victorieuse des opens d’Algérie et du Koweit fin mars et fin avril ? Une judokate qui a terminé en argent aux Jeux méditerranéens l’année dernière et qui est championne continentale – comme Gahié – l’année dernière. Attention !
Et ensuite ? Peut-être la Suédoise Ida Eriksson, septième au Grand Chelem d’Antalya et troisième au Grand Prix du Portugal. Une adversaire à ne surtout pas négliger avant le choc possible des quarts de finale.
Dans cette catégorie très dense, les favorites ne manquent pas : les deux Croates bien sûr, Barbara Matic, double championne du monde en titre et Lara Cvjetko, rine de moins que l’autre finaliste à Tashkent, la Néerlandaise Sanne Van Dijke, médaillée olympique à Tokyo, la jeune Espagnole Ai Tsunoda-Roustant, victorieuse à Paris, l’Autrichienne Michaela Polleres, vice championne olympique, voire même la Russe Madina Taimazova, en bronze sur le podium de Tokyo en 2021. Faites vos jeux !
Chez les masculins, deux engagés français ce jeudi en -90kg : Alexis Mathieu (PSG Judo) et Maxime-Gaël NGayap Hambou (Arts Martiaux Asnières). Le premier, finaliste du Masters fin décembre, dans le premier quart de tableau, devra se défaire au premier tour du Néerlandais Jesper Smink. Leur dernière confrontation, lors du Grand Chelem d’Oulan Bator en 2022, avait tourné en faveur de ce dernier. Le judoka batave dont le dernier résultat probant est une troisième place au Grand Chelem d’Abou Dhabi en octobre dernier. Puis, si cela passe, le Parisien continuera sans doute sa route face au Dominicain Robert Florentino, que le tricolore avait battu au premier tour à Paris début février.
Le plat du jour arrivera après avec Sanshiro Murao, n°1 mondial et le seul qui avait résisté à la furia de Mathieu à Jérusalem. Un judoka nippon gaucher, à la posture gainée à double tour, élégant et d’une précision diabolique au kumikata. Il faudra sortir le grand jeu !
NGayap Hambou, de son côté, combattra dans le dernier quart de tableau. Premier tour contre le Tchèque David Klammert. Un adversaire… qui fut le dernier que rencontra le jeune tricolore sur le circuit. C’était en repêchages à Paris. Un combat perdu par le médaillé mondial juniors 2021 alors qu’il était blessé. Une revanche s’impose !
Après cela, du solide, du puissant, de l’expérimenté avec le Cubain Ivan Silva Morales, en bronze à Tbilissi et à Paris et cinquième l’année dernière à Tashkent. Dans cette catégorie effrayante de densité (comme les -100kg vendredi), les premiers tours valent déjà des demi-finales. Il faudra être à 200% d’entrée.
Une catégorie indécise tant les talents ne manquent pas entre l’incroyable champion olympique géorgien Lasha Bekauri, Sanshiro Murao, si fort en tournoi mais qui doit maintenant passer le cap sur un grand championnat pour asseoir son leadership au niveau national, le Russe Mikhail Igolnikov, surdoué du judo du pays des Tsars, mais sans aucune médaille sur les compétitions majeures du judo mondial, l’autre Géorgien Luka Maisuradze, si difficile à manœuvrer, tout comme l’Italien Christian Parlati, vice champion du monde et sa capacité bluffante à endormir ses adversaires pour mieux les piquer le moment venu. Il ne faudra pas être en retard demain matin à Doha !

9h00. Ce qu’il faut retenir des quatre premiers jours de compétition

Pré-commandez le numéro qui sortira après les championnats du monde dès maintenant