C’était il y a dix ans, au vélodrome national de Montigny-le-Bretonneux. La Coupe de France individuelle minime était remise en place par la gouvernance de l’époque. Une première édition dont certains se souviennent encore, en raison de la victoire d’une certaine Ai Tsunoda-Roustant en -70kg. Une catégorie que l’Espagnole n’a jamais quitté et dans laquelle elle compte désormais dix médailles en Grand Chelem ou une cinquième place olympique.
Dix ans et neuf éditions (il n’y en eut pas en 2020 et 2021) plus tard, voilà l’événement devenu l’une des compétitions au volume le plus impressionnant du judo tricolore : 1032 combattants – 552 masculins, 480 féminines -, 589 clubs, soit plus de 10% du nombre total de clubs au sein de la fédération. Un nombre de participants stable, puisque l’année dernière, ils étaient 1031 et 1036 en 2024.
Une  immense fête du judo à laquelle participe même une délégation de huit combattants venue de Nouvelle-Calédonie, emmenée par Franck Bellard, cadre technique de la fédération polynésienne depuis 2020 et Axelle Plaire, professeure dans l’archipel depuis quelques années.
Dernier élément, cette compétition a pour caractéristique d’être immédiatement devenue la rampe de lancement pour nombre de futurs internationaux tricolores : en 2016, outre Tsunoda-Roustant, un certain Romain Valadier-Picard la gagnait. Au début du mois, lors des championnats de France cadets, cinq des huit féminines en or avaient gagné cette Coupe de France minimes en 2023 : Ninon Joly, Héléa Bailleul, Louanne Réveillon, Emma Guiral et Marie Berthelemy !

1) L’Île-de-France et la PACA en pôle
C’est une des constantes de cet événement. Une constante logique, dira-t-on. Ce week-end, la ligue Île-de-France occupe une nouvelle fois la première place en termes de classement, puisqu’elle remporte six titres, trois médailles d’argent et treize de bronze. Les Hauts-de-Seine s’illustrent avec trois titres pour trois clubs différents : l’ACBB Judo, Clichy Judo 92 et les Arts martiaux d’Asnières.
Vingt-deux médailles au total – c’était vingt-cinq en 2025 -, la domination est flagrante. Et logique. En effet, l’Île-de-France compte à ce jour environ 110.000 licenciés, très loin devant la deuxième ligue, celle de l’AURA et ses 62.500 licenciés.
Du coup, à prendre ce jeu d’échelle comme référence, la présence à la deuxième place de la PACA tient du remarquable. Cinq départements seulement pour environ 35.000, mais quatre titres, cinq médailles d’argent et quatre de bronze pour cette édition 2023 ! Une surperformance qui, d’une part, marque par la ventilation des titres. Les quatre médaillées d’or sont, en effet, remportées par quatre judokas de départements différents : le Vaucluse avec l’Alliance Judo Provence, le Var avec l’Olympique Judo Varois, les Bouches-du-Rhône avec le Dojo 13 et les Alpes-Maritimes avec le Dojo Bocassien.
Pour les cinq médailles d’argent, les Alpes-Maritimes en glanent deux, quand les trois autres vont aux trois départements cités plus haut.
L’année dernière, la PACA avait terminé à la troisième place. Une ligue qui s’illustre, en fait, depuis la remise en place de cette Coupe de France minimes, puisqu’en 2016, elle gagnait trois titres féminins (Lili N’Guyen, Margaux Gonella, Florine Soula) et un titre masculin (Jessy Briard).
Il y a donc un effet structurel à la performance dans cette catégorie d’âge dans le sud-est de la France. Qui plus, quand on observe qu’une majorité des médaillés de la PACA sont désormais des seniors de niveau national ou international (Chloé Devictor, Florine Soula, Lila Mazzarino, etc.).
En troisième position, l’AURA avec deux titres, quatre médailles d’argent et trois de bronze. Les deux titres sont pour Bresse Saône Judo et l’AJ Loire.
Sous-performance en revanche pour la Nouvelle-Aquitaine, troisième ligue de France, avec trois médailles, dont un titre qui va à la Gironde, le Grand Est – quatre médailles, dont deux d’argent et deux de bronze – et l’Occitanie – trois médailles de bronze -.

2) Faut-il une pesée la veille ? 
Le sujet est récurrent. Animation et non championnat, la Coupe de France minimes a pour règlement la pesée le matin même. Soit de sept heures à huit heures du matin. Une règle qui fait tiquer – depuis longtemps -, nombre de professeurs présents sur l’événement.
Le premier argument est souvent le même, à savoir la prise en compte de l’intégrité physique. Est-il ainsi raisonnable d’infliger à ces adolescents en pleine évolution physique, un réveil à six heures, voire cinq heures trente du matin, sachant qu’ils pourront réaliser neuf combats dans la journée et combattre, pour les meilleurs, jusqu’à dix-huit heures, comme ce fut le cas samedi ?
Si, pour certains, cette journée peut jouer le rôle de rituel d’initiation à une journée de compétition nationale, d’autres diront que ce n’est pas entièrement vrai, puisqu’à partir de cadets, les pesées ont désormais lieu la veille, une décision prise pour des raisons de respect d’intégrité physique.
Quant à la question des régimes, qui entre en ligne de compte dans l’argumentaire d’une pesée le matin, il paraît devoir être pris pour un sujet beaucoup plus large, peut-être même prioritaire.
D’une part, et malheureusement serait-on tenter de dire, à partir du moment où il y a régime chez un minime – en vue d’une médaille – le moment de la pesée importera peu. Toutefois, si la pesée devait être mise la veille, une repesée à 2% (et non 5% habituelle) pourrait être une solution, pour cette catégorie d’âge, de juguler la tentation de faire un régime néfaste à l’intégrité physique de ces jeunes compétiteurs.
D’autre part, cette thématique, qui s’amplifie chez les cadets et les juniors, doit être, nous semble-t-il, prise à bras-le-corps par les instances du judo français. Longtemps mise sous le tapis, ce sujet, fondamental, mérite une mise à l’agenda politique tant ses conséquences sont multiples (respect du développement corporel, objectifs d’entraînement, planification, etc.).

3) Jeunes arbitres et commissaires sportifs 
Ils étaient cinquante-deux arbitres et dix-huit commissaires sportifs cadets présents ce weekend.
Pour la première fois, un classement officiel a été fait. Félicitations donc à Abdelhassib Kotbi, Mahery Basley, Pierre Caddau, et Timéo Gheeraert, qui finissent sur le podium des arbitres, et Damien Belhomme, Margot Boulaire, Zacharie Montintin et Tristan Geny pour les commissaires sportifs.