Sarah-Léonie Cysique remporte sa sixième médaille d’argent en Grand Chelem.

Crédit photo : Tamara Kulumbegashvili/IJF

Ça y est. La course olympique est donc lancée ! Comme en 2022, le Grand Chelem d’Oulan-Bator en Mongolie, sur les terres du grand Gengis Khan, a l’honneur d’initier officiellement la ranking-list olympique qui amènera le judo mondial dans deux ans sur les terres californiennes pour les JO de Los Angeles. Un événement qui frappe, avant tout, par la densité et la qualité des combattants présents, avec la présence de presque tous les pays majeurs de la discipline. Dont évidemment le Japon, qui avait décidé de séparer ses titulaires mondiaux entre cette compétition et le Grand Prix de Chine qui suivra. À Akari Omori, Mao Arai, Takeshi Takeoka et Sanshiro Murao la Mongolie, à Momo Tamaoki, Akira Sone, Hifumi Abe et Goki Tajima la Chine.
Une répartition des rôles qui se solde ce soir, pour l’équipe du Pays du Soleil Levant, par un bilan qui frôle la perfection. La statistique est folle, mais après ce vendredi, le Japon ne perd qu’un combat sur la journée ! Et encore, s’agit-il de la finale en -60kg où Ryuju Nagayama, le médaillé olympique de Paris et champion du monde en titre, s’incline d’un yuko sur sumi-gaeshi face à l’Azerbaidjanais Balabay Aghayev, n° 1 mondial, cinquième des championnats d’Europe, mais vainqueur à Paris.
Pour les autres judokas nippons, il n’y eut que des victoires avec l’or pour Uta Abe en -52kg, Akari Omori en -57kg et Takeshi Takeoka en -66kg. La première, quintuple championne du monde, s’offre par la même le record de succès en Grand Chelem avec un total hallucinant de douze titres sur quatorze participations ! Uta Abe, qui n’a connu que deux défaites en Grand Chelem. Deux fois en finale : en 2016 à Tokyo contre Natsumi Tsunoda et à à Osaka en 2019 contre Amandine Buchard.
Ce vendredi, la victoire ne fut pas la plus difficile, puisqu’Odette Giuffrida ne se présentait pas en finale, souffrant visiblement de l’épaule droite, même si cela ne l’empêchait pas de battre la Hongroise Roza Gyertas en demie.
En -66kg, Takeshi Takeoka continue lui aussi à époustoufler tout son petit monde : une seule défaite depuis décembre 2024 : c’était en décembre dernier, à Tokyo, contre Hifumi Abe. Sinon ? Sinon, voilà le judoka de l’entreprise Park 24, qui engrange son cinquième Grand Chelem, le quatrième depuis un an et demi. En finale, ce combattant difficilement lisible pour ses adversaires tant il peut sortir une technique de son arsenal, surprend totalement le Russe Ramazan Abdualev sur un kata-guruma très classique après une minute de combat.
Le dernier titre nippon va, enfin, à Akari Omori. Particularité de ce dernier : il est gagné face à une Française, Sarah-Léonie Cysique en l’occurrence. Trois minutes de combat, un shido partout. Sur une action en bordure au sol où Omori tente de prendre le dos de la double médaillée olympique française, l’ACBB Girl se relève, droite, en tournant le dos à son adversaire. Omori en profite alors pour lancer un tani-otoshi qui plaque la Tricolore sur le dos. Ippon ! Une action absolument identique dans sa globalité à celle vécue lors de la demi-finale du Grand Chelem de Tokyo en décembre contre Momo Tamaoki ! Une faute qui gâche une journée pendant laquelle la -57kg française avait livré une très belle prestation en demi-finale face à l’Allemande Seija Ballhaus, 16e mondiale et finalement en bronze, l’emportant au golden score sur un o-uchi-gari bien exécuté. Auparavant, Cysique l’avait emporté deux fois au sol, contre la Mongole Ariunzaya Terbish et la Turque Hasret Bozkurt, lors de son premier combat.
Ce soir, elle est la seule médaillée française, Faiza Mokdar (PSG Judo), terminant cinquième dans la même catégorie, s’inclinant en quart de finale contre… Seija Ballhaus sur un kata-te jime puis contre la Turkmène Maysa Pardayeva, sur un yuko marqué sur o-uchi-gari après trente secondes.
Grise mine pour le reste de la délégation française avec la septième place de Shirine Boukli (FLAM 91), quintuple championne d’Europe qui perd deux fois petitement au score (un yuko) contre la Belge Lois Petit et la Turque Sila Ersin. En -60kg, Luka Mkheidze (FLAM 91), dans un duel de champions continentaux en titre, se fait totalement surprendre dès le premier tour par le ko-uchi-gari par le judoka du Bahreïn, Ruslan Poltoratskii, 20 ans, 24e mondial et sacré champion d’Asie mi-avril. Un combattant qui avait fini cinquième des championnats du monde juniors 2025.
En -66kg, Daikii Bouba (AJA Paris XX), s’incline également d’entrée face au Mongol Erkhembayar Battogtokh, 30 ans, dont la dernière performance remontait à une médaille de bronze sur ce même Grand Chelem, en 2025. Le champion d’Europe 2025, qui menait d’un shido sur un sumi-gaeshi que son adversaire suivait en ne-waza pour un retournement à la Christophe Gagliano.